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Temps de Noël

Fête Dimanche - Année B

Dieu nous bénit sans cesse, il suffit de s’ouvrir à sa grâce.

1erJanvier 2025, solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu.

Aujourd’hui, alors que nous célébrons Sainte Marie, Mère de Dieu, le Seigneur nous fait grâce d’une nouvelle année, une année sous le signe de la bénédiction. L’Eglise nous invite également à prier pour la paix ; la paix qui n’est jamais une évidence.

En effet, dans les Saintes Ecritures, nous découvrons comment Dieu a accordé aux nations diverses bénédictions. Dans le récit de la création par exemple, Dieu bénit toutes les créatures en général et en particulier Adam et Eve. Il le fait en leur recommandant d’être fertiles, de remplir la terre et de la soumettre comme nous le lisons dans le livre de la genèse au chapitre 1, 21-28. Dans son sens strictement liturgique, la bénédiction peut être décrite comme un rite consistant en une cérémonie et des prières à accomplir au nom et avec l’autorité de l’Eglise et par un ministre dument qualifié. C’est aussi un rite par lequel des personnes ou des choses sont sanctifiées et dédiées au service de Dieu.

C’est ainsi que la première lecture tirée du livre des Nombres nous redonne d’entendre la bénédiction sacerdotale que le Seigneur fait à Moise au profit du peuple d’Israël. « Que le Seigneur te bénisse et te garde, que le Seigneur fasse briller sa face sur toi et te fasse grâce. Que le Seigneur t’apporte la paix ». (Nb 6,22-27). Telle était la formule utilisée par les prêtres pour bénir le peuple au cours des cérémonies liturgiques au temple de Jérusalem. Le psaume de ce jour est bien en résonnance avec la première lecture. Dire que Dieu nous bénit, c’est dire qu’il nous accompagne, qu’il est avec nous. Dieu nous bénit sans cesse, il suffit de s’ouvrir à sa grâce. Pour rentrer dans l’intelligence de cette célébration, je voudrais faire une petite analyse de cette formule de bénédiction.

Premièrement, bénédiction vient du latin Benedicere (dire du bien). Le Seigneur veut du bien pour chacun de nous, il a cette bienveillance infinie pour notre humanité au point d’être l’un de nous, être notre frère. Dieu dit du bien de nous car il nous aime et pense du bien de nous. Il ne voit en nous que ce qui est bien. Comme le dit le livre de la genèse, la parole de Dieu est acte « il dit et cela se réalisa ». Par conséquent Dieu dit du bien de nous et sa parole se réalise en nous, elle nous transforme, elle nous fait du bien. Quand nous demandons la bénédiction de Dieu, nous nous offrons à son action transformatrice. Ainsi, la bénédiction est cette bienveillance qui nous habite aussi à notre tour afin que nos vies deviennent source de bénédictions pour l’humanité. D’où la nécessité de prononcer des paroles de bénédictions sur les personnes que nous aimons et même sur celles que nous n’aimons pas assez. En effet, les mots ne sont pas seulement le moyen par lequel la création se fait, mais ils sont aussi la substance qui façonne le monde. Tout ce que Dieu a dit apparait dans le monde. La vie et la mort sont au pouvoir de la langue. Chacun de nous a le pouvoir de bénir, utilisons ce pouvoir pour bénir les autres ; bénir c’est donc dire du bien des autres et aux autres. A ce propos, le CEC 1669 affirme que « tout baptisé est appelé à être une bénédiction pour les autres et à bénir ».

Ensuite, nous constatons que la formule de bénédiction est au singulier « que le Seigneur te bénisse » ; Dieu est un Père aimant ou une mère attentionnée qui se soucie de chacun de ses enfants. Il est important de commencer cette année avec la certitude que nous sommes unique aux yeux de Dieu. Cependant, c’est un singulier inclusif. Tout se passe comme si le Je ou le moi n’est efficace que dans la mesure où il prend en compte le NOUS. Autrement dit dans la vision chrétienne, le JE ne saurait faire l’économie du NOUS. 

Aussi, « que le Seigneur te bénisse » est au subjonctif car Dieu nous bénit sans cesse, il est avec nous en toute circonstance. Et comme tout subjonctif, il exprime un souhait parce que c’est de chacun de nous qu’il s’agit. Dieu nous bénit sans cesse mais l’Homme est libre d’accueillir ou de refuser sa bénédiction ; Dieu nous propose sa bénédiction. Le subjonctif est là justement pour faire valoir la liberté de l’Homme. Alors que l’Eglise nous invite à célébrer la paix en ce premier jour de l’année, la Parole de Dieu nous rappelle que le meilleur moyen de bâtir la paix c’est de cultiver cette liberté intérieure fondée sur la foi qui nous aide à rechercher la paix et devenir pour nos frères et sœurs source de bénédictions. La paix n’est pas une évidence et notre monde en a besoin.

Enfin, la bénédiction loin d’être une formule magique qui éloigne de nous toute difficulté, elle est plutôt la découverte que Dieu n’est jamais absent de notre histoire aussi lugubre soit-elle. Malgré les situations que nous allons vivre cette année, Dieu sera toujours à nos côtés parce que « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu » Rm 8,38-39. L’on ne peut rien réaliser de grand, de beau et de saint dans le désarroi, l’inquiétude et le sentiment d’abandon. Le chrétien est inconditionnellement aimé. En cette fête de Marie mère de Dieu, tout ceci prend un sens particulier lorsque l’Angel Gabriel, envoyé à Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus l’a salué et lui a dit « je te salue pleine de grâces », c’est-à-dire comblée de la grâce de Dieu, elle est par excellence celle sur qui le nom de Dieu ait été prononcé, celle qui reste sous cette douce protection.

En ce premier jour de 2025, prions pour que cette année qui s'ouvre soit placée sous le signe de la bénédiction de Dieu et prions tout particulièrement pour la paix : la paix entre les Etats, au sein des familles et surtout la paix intérieure. Que la Sainte Mère de Dieu intercède pour nous.

Hermann Kentsa est un missionnaire xavérien de nationalité camerounaise. Après un Master en théologie des religions obtenu à l'Institut Catholique de Paris, il a été envoyé en mission en RDCongo. Il travaille actuellement dans le service de l'animation vocationnelle et missionnaire au Cameroun.