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Temps de Noël

Fête Dimanche - Année B

Noël : Dieu montre aux hommes son amour et le sauver par sa présence

Chers frères et sœurs dans le Christ !

 Nous célébrons en ce jour la fête de Noël, la venue de Dieu parmi nous. Dieu a pris chair de notre chair par son Fils. Son désir est unique, montrer aux hommes son amour et les sauver par sa présence. Cette venue parmi les hommes est annoncée et préparée, depuis l’Ancien Testament jusqu’au Nouveau Testament, par les prophètes.

Aujourd’hui nous lisons dans Isaïe comment le Seigneur est venu racheter son peuple et comment toutes les extrémités de la terre verront le salut de notre Dieu : « Qu’ils sont beaux, sur la montagne, les pieds de ceux qui portent la bonne nouvelle, qui annoncent le salut et la paix. » Parole émerveillée du prophète Isaïe (52,7), qui entrevoit avec espérance l’arrivée du sauveur de son peuple. En cette fête de la nativité de notre Seigneur, nous sommes toutes et tous appelés à être des porteurs de la bonne nouvelle du salut.

Chers enfants de Dieu !

Les pieds et les pas du missionnaire suscitent donc l’émerveillement, non pas parce qu’il annonce merveilleusement la Bonne Nouvelle ou qu’il laisse derrière lui un écho joyeux de cette annonce. C’est surtout parce qu’il a été envoyé et qu’il a toujours le regard tourné vers Celui qui l’a appelé et envoyé. Aussi, sa joie de témoigner reste fondée en priorité dans celle de croire. Ils sont encore plus beaux les pieds des messagers de la Bonne Nouvelle parce que Jésus les a lavés. Dans la culture de Jésus, laver les pieds de quelqu’un était un signe d’hospitalité et d’amitié. Un honneur offert, si vous êtes proche de votre hôte. Lui laver les pieds si vous êtes son subalterne ou son esclave, c’était reconnaître son pouvoir. Si vous étiez le maître et lui le disciple, lui laver les pieds était un service inouï, inattendu. Un signe d’amour sans égal !

Jésus a offert à ses disciples, notamment aux 12 apôtres, ce signe d’amour le soir du jeudi saint. Il l’a offert à Judas déjà décidé à le livrer pour quelques pièces d’argent. Il l’a offert à tous, et à Pierre qui voulut résister puis en abuser, parce qu’il avait hâte de remporter le prix de sa propre fidélité. Mais il a bien fallu que Pierre s’abandonne entre les mains du Maître qui, par un geste inouï, d’humilité et d’amitié consolante, le remit sur le chemin du service en enlevant toute souillure de ses pieds.
Disciples du même Maître, laissons-nous laver les pieds pour être disponibles à la mission. Enterrons le vieil homme et mourons au péché. Si nous parcourons avec le Christ le chemin de la vie, en acceptant de recevoir de lui ce qu’il est et ce qu’il fait pour nous depuis toujours, nous pourrons nous dire héritiers de Celui qui est passé partout en faisant le bien. Et nous marcherons humblement à sa suite.

L’auteur de la lettre aux Hébreux nous dit, dans la deuxième lecture, que Dieu avait parlait à son peuple dans le temps passés par divers prophètes et diverses autres manières. Maintenant, il nous a parlé par son propre Fils, un Fils qui a détruit la puissance du péché et de la mort.

Cette épitre nous fait voir que c’est depuis très longtemps que Dieu prépare et nous prépare à la venue de son fils : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils ». Frères et sœurs avons-nous un projet de vie ? Si oui, quelle disposition avons-nous pris pour qu’il soit pleinement accompli ?

Bien aimés dans le Seigneur !

Dans l’évangile, nous lisons le passage d’ouverture de l’évangile de Jean dans lequel il parle du Christ comme étant la Parole de Dieu, une Parole qui est avec Dieu depuis le commencement, une Parole qui était Dieu. Il nous rappelle que cette Parole était dans le monde depuis le tout début mais que le monde ne l’a pas reconnu. Ceux qui l’ont reconnu et accepté ont été sauvés.

Nous aussi, nous serons sauvés si nous acceptons vraiment que le Fils qui nous est né aujourd’hui de la Vierge Marie est Fils de Dieu et a le pouvoir de sauver.

Tout au long de l’Avent, la liturgie nous a parlé de la venue de Jésus. Cette bonne nouvelle était annoncée depuis plusieurs siècles à un “peuple qui marchait dans les ténèbres”. Ces ténèbres, c’étaient celles de l’exil et de l’oppression étrangère. Le message de Noël dans les ténèbres qui marquent douloureusement la vie de notre monde, celles des guerres en Syrie en Ukraine, dans la bande de Gaza, à l’Est de la R.D. Congo, … et de la violence mais aussi celles de la maladie et de la solitude.

La bonne nouvelle c’est que Dieu ne nous abandonne pas. Il vient à nous. Il vient “nous rendre espoir et nous sauver”. Tout au long des Évangiles, nous l’entendons nous parler d’un Dieu qui est Père, un Père qui aime chacun de ses enfants. Il est venu “chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. Le vrai Dieu n’a rien à voir avec une religion qui fait massacrer des innocents, des hommes, des femmes et même des enfants. La fête de Noël vient nous rappeler que le vrai Dieu est AMOUR. Il ne sait pas être autre chose. Dans un monde pollué par la haine et la violence, il est celui qui nous apporte la vraie lumière.

Ce Jésus dont nous fêtons la naissance a été annoncé aux bergers. En fait, ils faisaient partie d’une catégorie vraiment méprisée. C’étaient des hommes rustres qui n’avaient pas l’habitude de fréquenter les lieux de culte. À travers eux, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux petits, aux pauvres et aux exclus. Et cela, nous le retrouvons tout au long des Évangiles. Jésus est venu pour nous dire qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

C’est vrai, les Évangiles nous rappellent la mission de Jésus après de ceux et celles qui sont accablés par des souffrances de toutes sortes. Il a accueilli tous ceux et celles qui étaient infréquentables à cause de leur mauvaise vie. Il a ouvert la porte de la Lumière à Marie-Madeleine, Zachée, Matthieu le publicain, la femme de Samarie et bien d’autres qui étaient rejetés par la société bien-pensante de l’époque. Avec lui, c’est la victoire de l’AMOUR sur le mal et la mort.

Cette bonne nouvelle n’est pas que pour les gens d’autrefois. Elle est pour tous les hommes de tous les temps. Elle doit être proclamée dans le monde entier, y compris dans les “périphéries”. Le Christ rejoint tous ceux et celles qui sont accablés par la souffrance, la maladie, le deuil, le chômage, les conflits familiaux. Bien sûr, il ne va pas faire un miracle pour résoudre tous nos problèmes. Mais il marche avec nous. Parfois même, il nous porte. Il nous ouvre un chemin d’espérance.

Fêter Noël c’est accueillir cette bonne nouvelle qui vient changer notre vie et celle du monde. Ce Jésus dont nous fêtons la naissance continue à venir. Il frappe à notre porte. Dieu continue à nous envoyer son Fils. En cette fête de Noël, nous sommes donc invités à l’accueillir, lui donner la première place dans notre vie et faire « tout ce qu’il nous dira ». Avec lui, c’est la joie et l’amour qui entrent dans notre vie. Il veut habiter le cœur des hommes. Alors oui, soyons dans la joie et l’allégresse.

L’Eucharistie qui nous rassemble en cette fête de Noël nous rappelle que le Christ ne cesse de vouloir nous rejoindre. Il continue à vouloir venir chez les siens. C’est un cadeau extraordinaire qui nous est offert à tous, gratuitement et sans mérite de notre part. Avant la communion, nous entendons le prêtre nous dire : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Ces paroles ne sont pas que pour l’assemblée qui est présente à l’église. Elles sont pour le monde entier. Le Christ ne demande qu’à se donner à tous. Heureux ceux qui ont le cœur de pauvre pour laisser le Christ entrer dans leur vie. En ce temps de Noël, nous le supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ».

Amen

Antoine Ntabala est un missionnaire xavérien originaire de la RDCongo. Actuelement, il est en mission au Tchad, dans la Paroisse de Bitkine /Vicariat Apostolique de Mongo , où il est curé.