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Temps Ordinaire

Dimanche - Année

FILS DE LA RESURRECTION.

32ème Dimanche du Temps Ordinaire (C).

 « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants »

Au dimanche 32ème du Temps Ordinaire, Saint Luc nous propose une page de grande envergure. Des Sadducéens qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection, se présentent à Jésus avec un air de connaisseurs aristocratiques. Ils lui proposent un cas assez élaboré tout en pensant de le mettre en difficulté, comme cet écolier « malin » qui cherche toujours à faire tomber le professeur. Mais Jésus s’en sort très bien et les laissent dans l’étonnement. De leur côté, ces malins finissent aussi par trouver une voie de sortie facile avec la réplique subtile : « Maître, tu as bien répondu ». Mais, selon moi, ils n’ont rien compris, ils n’ont rien appris ; tout simplement ils se rendent compte que ce n’était pas le cas d’engager une discussion avec Jésus.

Nous, que pouvons-nous apprendre ? C’est une question qui me tient à cœur et j’espère que ce soit le cas pour chacun de nous, tous des personne appelées à donner les raisons de notre foi, de notre espérance. La réponse de Jésus aux Sadducéens nous porte logiquement à considérer la nature de « l’état définitif des chercheurs de Dieu », c’est-à-dire, la nature de la vie éternelle. Sont à considérer « Chercheurs de Dieu », les croyants qui grandissent jour après jour dans la connaissance de leur foi à partir des questionnements toujours neufs. Le sont aussi ceux qui, même sans être croyants, s’ouvrent à la grandeur et à la profondeur des interrogations sur Dieu, sur le sens et sur le destin final de tout ce qui existe.

 « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection ». Nous sommes au sommet de la Révélation du Nouveau Testament qui nous annonce avec les paroles de Jésus lui-même que nous serons fils de la résurrection, semblables aux anges de Dieu. En cela trouve explication le fait qu’il n’y aura plus question ni de femme ni de mari car, comme l’explique Saint Paul dans la même ligne de pensée « le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ; il est semé méprisable, il ressuscite glorieux ; il est semé infirme, il ressuscite plein de force…Ce que je dis, frères, c'est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n'hérite pas l'incorruptibilité. Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Co 15, 42-54).

Solitude et détachement en vue de vivre pour Lui :

A ce point culminant de la Révélation du paragraphe antérieur, je pense que le défi pour nous aujourd’hui est celui de commencer déjà en cette vie, à vivre comme des « fils de la résurrection ». C’est en cela que doit consister notre engagement radical pour ce qui est de notre rapport avec les richesses matérielles. C’est là aussi que doit se jouer notre engagement radical s’agissant de l’attachement que nous pouvons vivre ou vivons souvent à l’égard des personnes. Je suis en train de pointer vers deux attitudes importantes dans la croissance intérieure, croissance spirituelle, croissance de tout celui qui se veut « chercheur de Dieu » : il s’agit de la solitude et du détachement. La solitude dans ce cas n’est pas à comprendre comme un isolement, mais plutôt une communion profonde. Elle est une distance physique, suspension de toute activité, mais pour une prière personnelle puisque consacrés à être avec le Seigneur. Elle est communion profonde, car elle ne trouve pas sa finalité en elle-même. Elle est en fonction d’une rencontre avec Dieu : pour être avec lui et pour mieux servir les frères. Elle est en fonction d’une présence plus authentique et plus qualifiée. De cette solitude, nous ressortons toujours transformés et défiés à faire de notre présence dans le monde une présence créative. La même chose peut se dire du détachement et plus encore. Celui-ci est aussi en fonction d’une unité, d’un équilibre, d’une fidélité. C’est un fait pour qui vit au sérieux et avec honnêteté sa foi chrétienne. C’est un principe de formation auquel il faut tenir pour aller de l’avant dans la croissance spirituelle et ainsi éviter toute déformation sur le chemin.

Croyons-nous aux paroles de Jésus ? Ou nous considérons tout simplement que ce sont des paroles « belles », mais difficiles à intérioriser puisque, dit-on, la vie concrète est bien différente. Comme personnes humaines, nous pouvons être tenter de donner la même réponse qu’a donné Pierre en d’en rester là : « Et nous qui avons tout quitter pour te suivre, qu’allons-nous recevoir… ? ». Il faut plutôt aller au-delà.  Je suis parfaitement convaincu que la question de la vie éternelle est tellement importante et fondamentale, mais reste par ailleurs une question difficile. Tellement elle est difficile, il y a lieu de considérer, et c’est une grâce à toujours demander, l’assistance de l’Esprit Saint pour vivre et se perdre « joyeusement » dans l’unique Amour éternel. Avec l’assistance du même Esprit, nous pouvons aussi vivre et nous pouvons aussi nous perdre « joyeusement » dans la solitude et dans le détachement en vue de l’union à Dieu, en fils de la résurrection.

Père Mbula Gilbert est missionnaire xavérien originaire de la RDCongo. Il a fait ses études de théologie au Mexique. Après une expérience missionnaire dans son pays d'origine-RDC-, il a poursuit ses études à Rome et actuellement est Recteur du théologat international de Yaoundé.