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Dimanche - Année

Le salut de Dieu nous parvient quand on s’y attend le moins ou même pas. Méditation du 30e Dimanche du Temps ordinaire Année B

Les lectures : Jr 31,7-9 ; Ps 125 (126) ; He 5,1-6 ; Mc 10,46b-52

Chers frères et sœurs dans le Christ, shalom!

En ce trentième dimanche du temps ordinaire, année liturgique B, la Parole de Dieu nous parle de la miséricorde de Dieu, de sa grande compassion et de sa sensibilité à la misère de l’homme. Cela se manifeste à travers deux faits qui guideront notre méditation : la libération d’Israël (retour de l’exil en Perse) et la guérison de Bartimée.

1. Libération d’Israël (retour de l’exil en Perse)

Dans la première lecture de ce dimanche, nous voyons le prophète Jérémie annoncer la fin de l’exil, la fin de la dispersion. C’est un moment tout spécial où cris de joie, acclamations et louanges se mêlent aux pleurs et aux supplications.

Quand les Juifs éparpillés çà et là dans l’empire Perse apprirent que Cyrus avaient décrété que les captifs pouvaient rentrer dans leur pays, cela dut leur paraître trop beau pour être vrai. Les nombreuses et longues années passées en exil devaient avoir poussé bon nombre à ne plus croire à la possibilité de revoir Jérusalem.

Le Seigneur travaille à notre salut, et parfois d’une manière inimaginable. Des fois, son salut nous parvient quand on s’y attend le moins ou même pas !

Au moment du départ, leurs petites affaires devaient être insuffisantes pour s’assurer un retour au pays dans des conditions confortables pour une grande assemblée incluant aveugles, boiteux, femmes enceintes et les jeunes accouchées. Cela fait de ce retour, un évènement à la fois joyeux et inquiétant ; mais plus inquiétante devait être la première année, après leur retour. On comprend alors leur prière reprise par le Psaume 125 (126): « Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. ». L’idée que ce moment d’épreuves ne durera que quelque temps devait les réconforter et les amener à s’encourager les uns les autres : « Qui sème dans les larmes, moissonne dans la joie. Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. » Le peu de vivres qu’ils ont devra être partagé, une partie pour être semée et une autre pour calmer la faim.

Cette libération est reconnue comme la merveille du Seigneur tant par les Juifs que par les nations. « Alors on disait parmi les nations : ‘‘Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! ’’ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! » (Ps 126,2-4)             

2. Guérison de Bartimée, aveugle et mendiant

L’Evangile commence par nous décrire le cadre dans lequel s’accomplit la guérison de Bartimée : c’est à la sortie de Jéricho, en présence des disciples et d’une grande foule.

La situation pitoyable de Bartimée nous est aussi décrite : à sa cécité s’ajoute le fait qu’il vit de la mendicité, chose qu’il ne supporte que difficilement. Il a cru à la possibilité de guérir et quand l’occasion s’est présentée il a sauté dessus, malgré toutes les tentatives de la foule à étouffer son élan et son désir de guérison.

L’aveugle Bartimée reconnut Jésus comme fils de David, Seigneur et Messie tandis que le peuple juif ne voyait en lui que le Nazaréen, le fils du charpentier. Plus on s’efforce de le faire taire, Bartimée crie encore plus fort ; et ses efforts ne furent pas vains, Jésus s’arrête, le fait appeler et le guérit. C’est grâce à sa conviction de s’adresser à la personne indiquée pour sa guérison que Bartimée ne cède pas à la résistance de ceux entourent Jésus. Une foi pareille ne pouvait pas ne pas toucher le cœur de Jésus ; en effet, Jésus s’arrête et le fait appeler.

L’attention que Jésus donne aux cris de Bartimée change l’attitude de la foule qui l’encourage par la suite: « Aie confiance, lève-toi ! Il t’appelle. » À ces mots, Bartimée « jeta son manteau et bondissant vint vers Jésus. » C’est l’intensité de la volonté de guérir qui explique la rapidité des mouvements. Naturellement, les aveugles ne sont pas du genre à bondir ; ils prennent des précautions pour chaque pas à faire.

Contemplons la bonté de notre Dieu, un Dieu plein de miséricorde, compatissant et qui se laisse émouvoir par chacune des épreuves que nous endurons ; sa compassion n’est pas passive, elle est agissante. Rendons grâce à Dieu pour tant de merveilles dans nos vies et celles qu’il accomplit sous nos yeux, pour nos frères et sœurs, nos amis, nos voisins, etc.

Le père Arcade Irakiza est missionnaire xavérien originaire du Burundi. Il a fait ses études à Yaoundé au Caméroun. Après son ordination, il a été envoyé en mission en RDCongo où il travaille comme vicaire à la paroisse saint Bernard de Kinshasa/ Kingabwa.