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Dimanche - Année

L’impératif chrétien : « Soyez toujours dans la joie »

Le troisième dimanche de l’Avent se distingue traditionnellement par son invitation à la joie ( Gaudete: Réjouissez-vous). En effet  les textes sacrés choisis pour ce dimanche nous invitent à la joie authentique et profonde dans l’attente du Sauveur. Cependant, en jetant un regard sur la situation des guerres sans fin dans différents pays, de nouveaux fronts qui s’ouvrent dans d’autres, tant de morts et de blessés, des violences de toutes sortes, injustice, maladies, conflits, taux de chômage élevé, nous pouvons nous demander si le thème de la Joie vaut la peine d’être traité.  Autrement dit, est-il possible d’être plein d'allégresse lorsque nous sommes confrontés à toutes sortes de tragédie et de souffrance? 

Malgré tous ces défis énumérés ci-haut, la parole de Dieu de ce Dimanche nous rapelle que nous avons tant de raisons de nous réjouir en dépit des défis à affronter. Dans notre première lecture, le prophète Sophonie nous encourage et nous invite à nous réjouir en ces termes: «Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Eclate en ovations, Israël! Réjouis-toi et tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem! »  Les  motifs liés à cet appel sont clairs: Dieu est proche plus que nous ne l'imaginons; «c’est lui le héros qui apporte le salut! Il aura en toi sa joie et son allégresse ». Cette joie dont il nous parle se vit à travers nos petites œuvres du vécu ordinaire. Telles paroles d’encouragement  nous sont familières. Quelques siècles après, l’ange Gabriel dira à Marie, : « Réjouis toi Marie, le Seigneur est avec toi ». Dieu, le Père de notre Sauveur est proche de nous au point de envoyer son fils partager notre vie et notre condition humaine (sens de l’incarnation/ fête de Noël).

 La joie profonde ne signifie pas l’absence de difficultés, mais une joie qui nous habite grâce à notre confiance en Dieu. Par ailleurs, quand St Paul a écrit cette lettre aux Philippiens que nous écoutons en 2e lecture, il était emprisonné. Malgré cela, il était capable d’exhorter sa communauté :« Soyez toujours dans la joie du Seigneur, laissez- moi vous le redire: soyez dans la joie ! »

Cet emploi de l’impératif chrétien n’est pas un conseil à prendre ou à laisser, mais plutôt un ordre pour nous les croyants. Etre chrétien c'est appartenir au Christ et être rempli de sa joie.  Autrement dit, la tristesse n’a pas de place dans la vie des chrétiens qui attendent impatiemment la venue du Christ et qui prie pour elle: " Que ton règne vienne".

Dans l’évangile,  les foules de différentes catégories de personnes (  Publicains et des soldats, etc.) qui écoutaient l’enseignement de Jean Baptiste (des Publicains et des soldats, etc. ) lui demandent : « Que devons-nous faire? »  Jean Baptise répond sans détour que notre conversion se manifeste ou se mesure via notre comportement envers nos frères et sœurs. Ainsi, il nous invite à partager nos biens avec les nécessiteux, à pratiquer la justice d’une manière impartiale et  à éviter l’exploitation des plus petits qui sont souvent victimes des systèmes corrompus. En d’autres termes, l’amour du prochain est la première étape de la conversion. 

En ce dimanche de la joie, chacun de nous peut se poser cette question : « Que dois-je faire pour renouveler ma vie et la communiquer la joie aux autres ? »  La conversion qui nous apporte la joie n’est autre chose qu’une décision personnelle qui bouleverse nos zones de confort et transforme nos vies.

Que le Seigneur nous aide à devenir des "disciples missionnaires" du Christ qui communiquent la joie, qui touchent  la vie de nos compagnons de route pour que le Seigneur soit connu et aimé de tous.

Cassien Nshimirimana est missionnaire xavérien originaire du Burundi. Après ses études de théologie à Manila aux Philippines, il a été missionnaire à Kinshasa  en RDCongo où il a obtenu un Master en Philosophie à l'Université Catholique du Congo (UCC). Actuellement, il est responsable du pré-noviciat xavérien de l'Afrique à Bujumbura au Burundi.