Accéder au contenu principal
Partager cet article

Le violoniste du diable


Lors d’un concert, Niccolo Paganini présente un numéro musical mais les spectateurs n’apprécient pas la nouveauté qu’il apporte et se moquent de lui. Il repart déçu et se trouve incapable de payer l’hôtel où il loge avec sa femme de plaisir.

Soudain se présente à lui un certain Urbani (Jared Harris) qui souhaite payer la chambre. Il avoue qu’il découvre chez Niccolo ce que les gens ne voient pas : la façon magique qu’il a de jouer du violon. Urbani jure qu’il le rendre riche et célèbre s’il le prend pour maître et agent et qu’il abandonne ses mauvaises habitudes pour se plier à une discipline très stricte. Niccolo accepte et signe un pacte selon lequel il se trouve sous la responsabilité de son manager.

Niccolo joue partout en Europe et récolte argent et popularité ; toutefois, il lui manque quelque chose. Ses concerts réussis ne sont pas très différents de ses concerts antérieurs : il est simplement amené par Urbani à suivre une incessante quête de popularité. Tous les véritables artistes sont toujours en lutte, se réjouissent de la beauté de leur création ou bien se contentent de ce que les gens disent d’eux. On en arrive au point fort du film : la popularité de Niccolo ne le comble pas.

La notoriété de Niccolo parvient jusqu’à Londres où il était jusqu’alors inconnu. Un journal anglais publie un article sur son concert de Paris. Un imprésario réputé de Londres, John Watson (Christian McKay), s’intéresse à Niccolo et l’invite à venir jouer à Londres, mais Niccolo refuse, malgré l’insistance d’Urbani qui souhaite qu’il accepte l’invitation de Watson. On découvre là l’intérêt caché d’Urbani qui souhaite profiter de la réputation de Paganini, et va forcer le musicien à se rendre à Londres, où Watson l’attend impatiemment, car il a tout sacrifié, même ses biens personnels, pour assurer la réussite du concert.

Cependant, à peine Niccolo et Urbani arrivent-ils en Angleterre qu’ils sont accueillis par un groupe de femmes qui souhaitent boycotter le concert en invoquant le fait que Niccolo et sa conduite sexuelle représentent une menace pour la fierté morale des anglais. Vous pouvez rire de cette réaction, mais si vous connaissez un peu les règles sociales de l’époque, vous vous rendrez compte que cet épisode nous présente une critique de l’Europe de l’époque où la musique classique atteint sa maturité. Niccolo et Urbani se réfugient donc chez Watson.

le violoniste du diable

C’est là que Niccolo tombe amoureux de Charlotte (Andrea Deck), la fille de Watson. Si au départ Charlotte le déteste à cause de son tempérament de séducteur, la musique permet leur rapprochement er la jeune femme finit par tomber amoureuse de lui : un matin, Niccolo est réveillé par la voix angélique de Charlotte ; il reprend alors la chanson de la jeune femme avec son violon. Grâce à Charlotte, Niccolo trouve enfin à se réjouir de la beauté de ses créations musicales, et le duo qu’ils forment obtient l’appréciation des londoniens.

A la suite du concert, Charlotte est interviewée par un journaliste sur le rôle important qu’elle a joué à la fois dans le concert et dans l’éveil du maestro de son sommeil existentiel. Par là, Charlotte supplante Urbani, et celui se sent menacé par elle et cherche un moyen d’éloigner la jeune femme de son amant. Pour cela, Urbani fait venir une femme de plaisir ressemblant à Charlotte et s’assure que Niccolo la retrouve à l’hôtel en croyant avoir à faire à Charlotte. Lorsque Charlotte arrive et découvre que l’homme qu’elle aime n’a pas changé et n’est toujours qu’un coureur de jupons, elle s’enfuit en pleurant.

La séparation attriste profondément Niccolo qui n’arrive pas à s’expliquer ce qu’il s’est passé. Il retourne à Vienne perdu et brisé, comme un violon sans corde, et renvoie Urbani qui ne cherche qu’à profiter de sa réputation. Parallèlement à ça, il s’efforce de garder contact avec Charlotte au travers d’une correspondance assidue. Charlotte a changé sa vie : connu comme un violoniste du diable pour sa liberté et sa créativité musicales, Niccolo se trouvait apprivoisé par Charlotte, et elle lui avait ouvert les portes du succès en alliant son chant à la musique du violoniste virtuose. A sa façon, la musique est la preuve incontestée de la créativité de l’amour humain et, pourquoi pas, de l’amour divin.

(Tardelly,s.x.)