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L’Église catholique et la politique en Afrique : Pour une alternative


Les Éditions Croix du Sud publient le livre : Église et politique en Afrique. Pour une alternative avec William Cavanaugh, Londres, 2026, 119p, dont l’auteur est Louis Birabaluge, missionnaire xavérien congolais. Il est préfacé par Mr. Denis Sureau, directeur de la revue Transmettre et ancien éditeur de la lettre d’information : Chrétiens dans la cité.

Voici une brève présentation du livre : « Comment penser à frais nouveaux la présence de l’Église dans la cité dans le cadre des États africains ? C’est à cette question complexe que s’attaque l’auteur dans cet essai richement informé. L’auteur nous propose un diagnostic pertinent sur les forces et faiblesses de son continent ainsi que des suggestions de solutions.

Au point de départ de sa réflexion, on trouve une interrogation grave : comment des pays que l’on imaginait profondément catholiques ont-ils pu être le théâtre de crimes abominables ? Pour y répondre, une analyse s’impose, sans préjugés : où en est l’Afrique réelle, pour reprendre l’expression de l’auteur ?

En positif, il pointe un potentiel humain important, un dynamisme de la natalité qui tranche sur l’hiver démographique occidental. Il salue aussi une diversité culturelle et religieuse, que l’on peut opposer à la mondialisation – la Macdonalisation de la planète – ainsi qu’à la sécularisation, la tentative désespérée de bâtir une société comme si Dieu n’existait pas. Mais à côté des richesses de l’Afrique, l’observateur ne saurait oublier ses faiblesses. En négatif, à côté d’une assez grande misère, et de régimes politiques corrompus s’ajoute le rôle prédateur des grandes multinationales. Afrique appauvrie, Afrique pillée…

C’est dans ce contexte que l’Église a développé, depuis la colonisation, des nombreuses œuvres sociocaritatives (écoles, hôpitaux, etc.). Nées d’un idéal évangélique d’aide aux plus pauvres, elles ne sont toutefois pas sans équivoques : l’apostolat est parfois lucratif, déplore l’auteur de ce livre. Par-delà leur action pourtant nécessaire, mais incomplète, il importe donc de réfléchir sur la politique de l’Église dans l’espace public.

Un premier écueil relève du constantinisme, lorsque la Bible est instrumentalisée pour sacraliser le pouvoir temporel, et l’Église réduite au rang d’auxiliaire servile de l’État. Une seconde erreur est celle de l’apolitisme, héritage du colonialisme. Or l’Église enseigne que l’engagement politique est la tâche propre des laïcs – à condition que ceux soient bien formés, en particulier qu’ils connaissent la Doctrine sociale de l’Église (ce qui est rarement le cas, y compris dans les pays de vieille chrétienté).

Mais cela ne suffit pas. Ici l’œuvre de l’Américain William Cavanaugh s’avère très féconde. Ses travaux nous incitent à repenser le rapport Église / politique. Le théologien analyse la liturgie comme acte politique, et promeut une nouvelle visibilité de l’Église qui, en tant que Corps du Christ, est un authentique corps social. L’Église ne doit pas réclamer au pouvoir des moyens mais se développer à partir de ses propres ressources. Ces quelques pistes de réflexion n’épuisent pas la question mais sont de nature à stimuler notre imagination théologico-politique. C’est le mérite de ce livre de nous inciter à le faire ».