
Les fruits de la mission : La hausse du nombre de catholiques dans le monde
A la veillée de la 99e Journée mondiale des missions, qui sera célébrée le dimanche 19 octobre sur le thème « Des missionnaires de l’espérance parmi les peuples », l’Agence Fides a publié des statistiques portant sur la vie de l’Église catholique dans le monde, ses membres et ses œuvres. De manière globale, les chiffres confirment que le nombre de catholiques est en hausse dans le monde. Ce qui signifie que l’œuvre de l’évangélisation continue à porter de fruits.
Une bonne nouvelle pour l’Europe

Selon les statistiques rendues public le 17 Octobre, entre le 30 juin 2023 et aujourd’hui, sur une population mondiale de 7. 914. 582.000, l’Église catholique compte 1.405.454.000 de membres, enregistrant ainsi une augmentation de 75.639.000 par rapport à l’année 2022. Même si les catholiques n’atteignent toujours pas le 20% au niveau mondial, la croissance des catholiques reste une bonne nouvelle à célébrer particulièrement en Europe où, selon les auteurs du rapport, « on assiste à un renversement de la tendance de l’année précédente, qui avait connu une baisse en 2022 par rapport à 2021 ».
Un pays comme la France où les observateurs tablaient sur une dechristianisation en croissance se voit aujourd’hui comme le miroir de cette « régénération catholique » encours en Occident. En effet, en 2025, dans toute la France, 10 384 adultes et 7400 adolescents ont reçu le baptême, soit deux fois plus qu’en 2023 (Cf. « Plus de 10000 adultes baptisés : ‘une explosion’ pour l’Eglise de France » dans https://www.vaticannews.va). Ce boom baptismal est le signe que le pays de Lumières est loin de tourner le dos au message évangélique.
Accueillant cette explosion de baptêmes comme un signe de temps, les évêques de l’Île-de-France ont d’ailleurs annoncé la célébration d’un concile régional entre 2026-2027 pour réfléchir sur le thème : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses ». Cette initiative des évêques Français rappelle ainsi que l’augmentation des catholiques est certes un motif de grande joie, mais qu’en même temps, elle sollicite un engagement plus soutenu de toutes les Églises pour la cause de l’Évangile.
Et les nouveaux catholiques africains ?

Comme les autres années, les données de l’Agence Fides confirment que la hausse la plus significative de catholiques a lieu en Afrique avec une augmentation de 8. 309.000. A l’opposé de l’opinion rependue selon laquelle les Églises d’Afrique ont beaucoup de prêtres, les chiffres publiés montrent qu’en proportion, le nombre de prêtres par habitant et catholiques a diminué en Afrique de 83. Les Églises du continent connaissent aussi une hausse de stations missionnaires sans prêtre résident (- 1493). Ces données sont un indice que les ordinations presbytérales en apparence nombreuses auxquelles on assiste chaque année dans nos Églises d’Afrique ne répondent pas nécessairement aux besoins missionnaires de nos Églises.
Les chiffres donnent à penser que plus on ordonne les prêtres, moins l’élan missionnaire s’accroît. Cet état de fait soulève peut-être la question de la nature missionnaire des Églises d’Afrique. Cette joie d’accueillir les nouveaux catholiques africains ne peut dissimuler les nombreux défis auxquels font face nos Églises. Soutenir la foi de nouveaux baptisés par une catéchèse des adultes à la hauteur des enjeux du moment est une de tâches urgente de pasteurs d’âmes en Afrique. En ce sens l’initiative des évêques français portant sur l’accueil et l’accompagnement des néophytes peut inspirer les évêques et les curés africains. Pourvu qu’ils tiennent cette pastorale d’accompagnement des adultes comme une priorité. Ce qui est rarement le cas.
Un autre défi relatif à la croissance des catholiques - d’ailleurs le plus urgent- est la déconfiture du tissu social qui cohabite avec une effervescence religieuse en Afrique. Ce constat est illustré par la très catholique région de grands-lacs africains : RDC, Rwanda et Burundi. On peut aussi penser à un pays comme le Cameroun qui attend avec incertitude les résultats des élections présidentielles où un président catholique de 92 ans se représente pour un 8e mandat. Les exemples peuvent être multipliés…Le désordre sociétal interroge la crédibilité et la vérité de la foi catholique de nous les africains qui partageons avec nos compatriotes non seulement les vertus mais aussi les vices.
Dès lors, la remarque du jésuite camerounais Ludovic Lado lors de la publication de statistiques de 2024 reste d’actualité. En effet, il dit : « l’Église catholique en Afrique grandit en nombre, mais pas nécessairement en témoins de l’Évangile. C’est pour cela, que nos sociétés sont malades aussi bien dans le domaine du vivre-ensemble que dans l’animation des institutions politiques, économiques et sociales ». C’est pour cette raison que le jésuite estime que l’un des plus grands défis de catholiques d’Afrique reste celui du témoignage de l’Évangile dans la cité (cf. Ludovic LADO, SJ., Interview avec Lucie SARR, dans https://international.la-croix.com/fr/afrique). Il y a de quoi se réjouir dans nos Églises car grâce au service de l’annonce de l’Évangile le Seigneur continue à augmenter le nombre de ses disciples. Mais sur le chantier de l’accueil de la foi en Jésus-Christ et le style de vie en société qu’elle implique, il se note que notre évangélisation n’est qu’à ses débuts.



