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Père Emmanuel Adili : Missionnaire formé en Italie


Je suis arrivé en Italie en 2010, précisément à Parme où j’ai poursuivi les études théologiques dans le grand séminaire interdiocésain de Reggio Emilia. Au total, j’ai passé cinq ans à Parme. C’était une grande joie pour moi de pouvoir palper avec les doigts les lieux confortiens, visiter sa maison natale.

De plusieurs expériences positives je voudrais en souligner deux. La première est l’expérience de fraternité vécue dans la communauté du théologat xavérien international de Parme. En effet, pendant ce temps, la communauté a été pour moi un lieu de croissance. La rencontre avec les confrères provenant de plusieurs pays m’a façonné comme homme et comme missionnaire au service de l’Église universelle.

La deuxième expérience qui m’a marqué au point de transformer ma vision de la mission, est la rencontre avec les pères malades au quatrième niveau de la maison mère. En côtoyant ces vétérans missionnaires infatigables, j’ai appris à demander au Seigneur le don de l’Humilité. En effet, le contact avec nos confrères malades, a suscité en moi plusieurs interrogations : « qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui (Ps 8,5) ?  Il est comparable à une plante qui fleurit le matin, se fane à midi et le soir elle se desséchée  (Ps 90,6). Pourquoi être orgueilleux, dur envers les autres ? Etc. » Le contact avec cette réalité a été pour moi une grande école de sagesse, d’humilité et de profondeur spirituelle. Quel n’a pas été le choc de voir de grands missionnaires-  qui ont fait preuve de bravoure et d’audace dans plusieurs domaines - cloués au lit ou sur une chaise roulante, incapables de se mouvoir ?J’ai tout de suite compris que la vie passe mais le vécu reste. Ce qui compte par-delà tout c’est d’Aimer l’autre et le respecter dans l’humilité, tout en ayant à l’Esprit que tout passe : seul l’Amour ne passe pas. Les hommes passent avec leurs œuvres. Mais le bon service rendu, le bien fait à autrui, bref la charité ne passe pas.

Ce contact avec les confrères du quatrième niveau de la maison-mère – et dans d’autres maisons xavériennes en Italie – m’a rappelé la sagesse Lega qui demande d’être des hommes bons. Car à la mort on ne pleure pas la beauté du corps d’une personne mais la beauté de l’âme, sa bonté (Itumba taikyi ulililwa mindi). Mes cinq années d’études à Parme, ont été également un moment pastoral, c’est-à-dire, « une occasion de sortie pour aller à la rencontre de l’autre. ».

De ce fait, j’ai rendu service à la paroisse de la Transfiguration pendant deux ans, ensuite à la paroisse de Torrile pendant trois ans. J’ai enfin rendu service dans le groupe Lectio (où certaines familles partagent la parole de Dieu), à la coopérative la Bula où sont accueillies les personnes vivant avec handicap, à la pastorale universitaire de Parme. Je remercie Dieu pour toutes ces expériences qui ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Je remercie les personnes que j’ai rencontrées, qui m’ont aimé et accepté et que moi aussi j’ai essayé d’aimer. Ces personnes m’ont accompagné jusqu’à la profession perpétuelle et au diaconat respectivement le 7 et 8 décembre 2014.

Avant d’aller au Congo pour l’ordination qui eut lieu le 23 aout 2015, le père Général P. Luigi Menegazzo, paix à son âme, vint à Parme pour nous communiquer les premières affectations. Nous étions un peu émus (Carlos, Juang, Alessio et moi-même ). Je fus désigné par le père Recteur Fabrizio Tosolini pour passer en premier lieu. Contrairement à mes propositions – ce qui arrive à plusieurs religieux – le père Luigi m’affecta dans la Région xavérienne d’Italie ; mission que je rejoignis, après l’ordination et un peu de temps de repos, le 06 octobre 2015 et le 25 du même mois, j’entrai dans la  communauté de Desio où je me retrouve jusqu’à ce jour.