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Vendredi saint : Vivons ensemble la passion du Christ


Nous sommes Vendredi saint, deuxième jour du Triduum pascal, une journée de grand silence, de jeûne et sans aucune célébration eucharistique. L’évangile de ce jour, nous présente le chemin du calvaire de Jésus. Ce passage est d’une profondeur insondable et comporte une matière inépuisable à la méditation. Il serait présomptueux à quiconque de ne pas méditer aussi minutieusement, d’aussi près que possible cette péricope jusqu’au verset le plus pertinent.

 Que devons-nous retenir de l’évangile ? saint Jean nous invite à contempler les souffrances que Jésus endura dans son âme innocente et sans tâche. Il fût Dieu, était aussi parfaitement homme, qu’il avait en conséquence non seulement un corps mais aussi une âme pareille à la nôtre, quoique pure de toute souillure.

Cependant, la passion place l’homme au cœur de l’intolérable puisque sa liberté s’oriente dans le choix qui fait souffrir Dieu. Par conséquent, la souffrance de Jésus est liée à notre mal. Pour nous, il a subi le mépris, les tortures, le rejet, la défiance jusqu’à la mort indigne sur la croix. Malgré sa souffrance indicible, Jésus ne réplique pas face aux menaces de ses bourreaux et cela atteste son innocence.  Pourtant, l’homme se sent condamner par le regard de Dieu à cause de ses péchés. A défaut, il ne peut jamais être confiant ni détendu à cause de sa trahison, car péché, c’est trahir Jésus moins encore le faire souffrir.  Nous vivons dans un monde plein de trahisons. Cela fait que le Christ soit trahi du matin au soir surtout par ceux qui se sont engagés à lui. Saint Augustin dit que cette possibilité de trahir devient une réalité presque inévitable si je n’ai pas pénétré au centre du cœur du Christ.

 Après tant des souffrances, Jésus nous oriente vers le plus haut degré de l’amour, qui se donne sans rien demander en retour. « Tout est accompli » dit Jésus. Alors que les guerres, les catastrophes naturelles, le mal sous toutes ses formes semblent triompher, Jésus nous invite à tourner notre regard vers la croix qui exprime la profondeur de l’amour du père et traduit la plénitude de la victoire sur le mal qui reflète l’espérance et la miséricorde de Dieu. Golgotha est le premier lieu de notre premier amour. C’est là où nous devons sustenter nos convictions christocentriques en contemplant les souffrances redoutables qui furent le prix de notre salut. Il faut nous en convaincre absolument. Ainsi, nous parviendrons à donner de l’espérance à la destinée humaine.