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La technologie en temps du COVID : et après ?


Ce temps pourra être qualifié de super-connexion, mais il peut aussi être le temps où nous sommes le plus déconnectés de la réalité. Trois phénomènes méritent notre attention, en rapport avec la technologie, en ce temps de COVID. Je me limite à vous renvoyer aux notes ici-bas et je vous lance la provocation en vue aussi de l’avenir : la nomophobie,[1] l’isolement social[2] et les jeux-vidéo (en terme de dépendance).[3] Nous en avions la préoccupation, nous en avions déjà parlé peut-être, mais sans arriver à des orientations précises. L’urgence de connaître, comprendre et intervenir demeure encore ! En temps du COVID, parmi les questions de la société, nous pouvons contempler la technologie qui fait des merveilles, mais qui nous met encore au défi pour une bonne compréhension et une bonne utilisation de ses opportunités.

Les instruments technologiques entrent de plus en plus dans nos vies et nous n’avons pas de doute qu’ils constituent des éléments précieux : ils amoindrissent la force de la routine, ils nous permettre de continuer nos activités à distance, … La question est : sont-ils à notre service où c’est nous qui devenons dépendant au moment où le confinement semble ne pas nous donner d’autres options ? J’aime penser aux éducateurs et parents qui, en temps normal, ils sont les premiers à se plaindre à une échelle désormais mondiale. Qu’en est-il, en ce temps de COVID, de la nomophobie, de l’isolement social et de la dépendance jeux-vidéo ? (Cf. Notes en bas de pages).

Je crois que, à l’endroit de tout éducateur et de tout parent, ce n’est plus le cas de constater que les personnes autour de nous, pour ne pas dire « nos enfants », n’arrivent plus à rester sans smartphone. Plus que jamais, nous sommes invités à entreprendre une démarche pour connaître, comprendre et intervenir. C’est là que se jouent les relations aujourd’hui, c’est par là que passe la formation, c’est par là que passe tout un tant de choses que nous ne nous sommes jamais imaginés auparavant.

J’ose penser que dans nos confinements respectifs nous mettons en marche des plans divers et voilà pourquoi je suis convaincu que nous pouvons avoir l’intérêt à :

  • Connaître: les changements qui surviennent dans nos sociétés et ainsi affronter avec des idées renouvelées la question des dépendances ;
  • Comprendre: en quoi consiste les phénomènes tels que la nomophobie, l’isolement social et la dépendance jeux-vidéo. Nous avons sans doute changé des habitudes dans ces derniers jours, mais cela vaut la peine de pouvoir et savoir distinguer ces dépendances du reste des urgences que nous avons à affronter dans ces jours.
  • Intervenir: correctement pour apporter de l’aide a qui en a besoin et avec des indications concrètes.

La technologie ne doit pas nous faire peur, plus que jamais nous devons apprendre à la gérer. Nous sommes en train de traverser un moment aux grands changements. Il n’est pas à douter. Nombreux trouvent désormais un moyen, une excuse pour mettre une « distance digitale », même au sein des rapports en familles, entre amis, au travail et dans les groupes sociaux. Il faut être attentifs, car cette situation des choses peut donner lieu à des incompréhensions, à des confusions, à des malentendus et à des éloignements. Parmi les observations de ces jours-ci vous aurez sans doutes remarqué la difficulté ou l’incapacité d’arriver à un contact profond entre ceux qui sont considérés « natif digital » et « émigré digital ». Nous nous sommes encore une fois démontrés loin d’être prêts à un dialogue entre générations. Les instruments digitaux ne doivent pas nous faire peur. Ils sont riches en potentialité, ils permettent de simplifier la vie et de réaliser en peu de temps des processus qui nous exigeaient plus de temps, et parfois aussi des kilomètres à parcourir…

Les situations que nous traversons peuvent être diverses et voilà pourquoi je me propose de ne pas faire des conclusions, mais juste nous inviter à la réflexion : en temps du COVID nous pouvons découvrir des nouveaux codes dans la communication, dans nos principes familiaux et sociaux… Et de là aussi, une nouvelle attitude, sans doute responsable, face à la technologie.

Super-connectés, mais peut-être déconnectés de la réalité.

J’attire juste notre attention sur la notion d’avatar : avec le jeu online on peut se construire un personnage qui représente son propre créateur. Souvent, l’avatar a des caractéristiques différents et opposées à celles de son créateur. Le créateur projette donc sur l’avatar ce qu’il aimerait être dans sa vie ordinaire, et que souvent il n’arrive pas à exprimer ou manifester… L’avatar a besoin d’être entraîner pour devenir plus efficace. Il interagit avec d’autres avatars, au sein d’une communauté virtuelle. Tout en incarnant un idéal de soi, l’avatar pourrait favoriser l’aliénation et jouer sur l’identification aussi dans la vie réelle.

La société change. La socialisation se fait sur l’espace virtuelle (online). Il est important connaître et comprendre pour mieux accompagner. Dans la mesure du possible, il faut identifier les premiers signaux d’un « comportement excessif ». Dans le cas de la dépendance, les experts parlent des signes comme l’insomnie, l’agressivité, le changement d’humeur, la diminution du rendement dans l’étude et/ou le travail, …

Une chose est certaine : le COVID est là aujourd’hui, il ne sera plus là après quelques mois. Les limites entre le réseau social virtuel et réel doivent être bien claires et doit prévaloir le goût, la constitution et la vocation anthropologique de vivre, d’être réellement ensemble. Les jeux restent un divertissement qui ne remplace pas les engagements et les activités sociaux. Il faudra en tout cas mettre au clair la situation présente et future vis-à-vis de l’usage de l’outil technologique. C’est avant tout un travail personnel, mais tout celui qui cherchera de l’aide doit savoir que cela n’est pas synonyme de faiblesse. Je suis convaincu que grandir ne signifie pas que nous n’avons plus besoin des autres.

 

[1] NO MOBILE PHONE : qui en réalité fait référence à la possibilité d’être connecté toujours et partout. Ce phénomène est lié à la peur de rester sans cellulaire que certains définissent comme HAND-PHONE. Tous veulent se sentir comme faisant partie de quelque chose d’important. Tous veulent, peut-être aussi, faire partie d’un groupe (avec l’utilisation de internet et la connexion sur le social-media : voilà pourquoi il est impératif de ne pas faire un jugement sans analyse.

[2] Les japonais utilisent le terme HIKIKOMORI pour signifier l’isolement social. Ce terme dit exactement ceci : « je me retire ». Au fond, la décision de se retirer n’advient pas du jour au lendemain. C’est un phénomène dynamique, progressif, qui se manifeste graduellement. Souvent, les premiers symptômes sont des malaises comme des maux de tête ou autres, mais que les analyses cliniques n’arrivent pas à détecter. Vue la complexité du phénomène, vous comprenez qu’il ne s’agit pas d’un simple confinement et ce n’est pas un problème à minimiser.

[3] JEUX ONLINE : Nous jouons tous depuis notre tendre enfance, mais l’on peut se demander qu’ont-ils de si importants ces jeux qui ne finissent plus ? A travers les jeux nous apprenions jadis des règles de comportements, l’intégrations sociale, la formation de la personnalité, … Mais ces jeux, online, semble être tout autre chose. On les appelle des « passe-temps », même les adultes les ont sur leurs smartphones. Ils ne sont pas seulement répétitifs, mais aussi obsessifs. Leur objectif semble être celui de déconnecter du reste de la réalité.