Accéder au contenu principal
Partager cet article

Le drame de Suzanne’s Bay à Freetown


Le 24 Mars à 18h, une incendie a décimé plus de 500 maisons dans un endroit réputé plus pauvre de Freetown. C’est à Suzanne’s Bay. A cet endroit, longeaient plusieurs familles dans des maisons de fortune. Ils sont généralement des gens qui n’ont pas de résidence officielle. Beaucoup d’entre eux étaient venus à Freetown fuyant leurs villages pendant les années de la guère. Pour survivre et faire vivre leurs enfants, ils faisaient du petit commerce. Comme si cette misère ne suffisait pas, le feu est venu mettre fin au peu d’espoir qui leur restait.

Le récit du jeune Ibrahim Sorrie

Aujourd’hui avec un de nos étudiants Samuel, je m’y suis rendu pour voir ce qui s’y était passé effectivement et dont on parle pas trop à cause des préoccupations de la lutte contre le Corona virus qui est dans tous les esprits. A l’arrivée, nous avons rencontré le jeune Ibrahim Sorrie, une des victimes de l’incendie. Il est né Suzanne’s Bay. Avec son petit commerce, il était parvenu à se bâtir une case où dormir. Avec l’incendie, il a tout perdu, nous a-t-il dit. Selon son  récit, l’incendie s’est déhanchée à 18h le soir alors que plusieurs habitants du coin étaient encore au marché. Dieu merci, dit-il, si c’était pendant qu’ils dormaient, ils seraient tous engloutis par le feu. Etant encore le jour, les gens avaient pu se sauver. Jusqu’à présent on n’a dénombré aucune victime en vie humaine. Les habitants ont perdu leurs maisons et tous leurs biens.

Les bons samaritains ne manquent pas

Accompagnés d’Ibrahim Sorrie, nous avons pu entrer et voir de nos yeux ce drame. Lorsqu’on entre à Suzanne’s Bay, on est frappé par le nombre des gens assis sans abris, sans nourriture et sans eau. Heureusement, pour soulager leurs peines, les bons samaritains ne manquent pas. Une association caritative turque et une autre japonaise ont fourni les tentes aux victimes. Ainsi ils peuvent trouvent au moins où dormir au couché du soleil. Caritas Freetown y est aussi présente. Avec joie, nous y avons trouvé Rosetta Kanu, une jeune que je connais, très engagée dans le mouvement de jeunes chrétiens catholiques de l’archidiocèse de Freetown. Avec ses amis, nous a-t-elle confié et avec l’aide de Caritas Freetown, ils préparent du repas aux gens. Un repas de fortune est servi deux fois par jour; juste un peu de riz et une sauce d’arachides. A ma question de savoir combien de gens étaient bénéficiaires d’une telle assistance, Rosetta nous a répondu que Caritas n’avait le moyen que pour nourrir au moins 3000 personnes par jour.

La peur dans les jours à venir

Après le drame, le gouvernement Sierra léonais ainsi que les organisations humanitaires ont apporté leur soutien aux victimes de ce drame. Mais selon notre accompagnateur Ibrahim Sorrie, le pire est à craindre dans les jours à venir. Au fait, les premières pluies se sont déjà annoncées à Freetown. Il y a donc la crainte que la malaria et le cholera fassent de victimes car le lieu sera bientôt inondé. N’ayant ni eau potable ni toilettes, il y a risque que l’insalubrités et la famine fassent plus de victimes que l’incendie elle-même. Il y ainsi besoin d’une assistance d’urgence pour ces milliers de gens de Suzanne’s Bay.

Il existe des spéculations à Freetown à propos de l’origine de l’incident. Certains évoquent une origine criminelle ; alléguant qu’il y a des gens qui auraient intérêt que ce coin soit libéré pour laisser place à la construction de grands dépôts de marchandises venant de la Guinée par voie maritime. Il ne s’agit que de rumeurs. Mais comme le dit le pape François, dans Fratteli Tutti, face à une victime couchée sur la route, il est inutile de perdre son temps à s’interroger sur l’identité du brigand. Confronté à la situation affligeante de l’homme à terre, dit le pape (…), il y a simplement deux types de personnes : celles qui prennent en charge la douleur et celles qui passent outre ; celles qui se penchent en reconnaissant l’homme à terre et celles qui détournent le regard et accélèrent les pas (Fratelli Tutti, n°70). En ce moment précis, ce qui importe c’est agir comme le bon samaritain de l’Evangile. C’est-à-dire, chercher à soulager la souffrance des victimes dans la mesure du possible. Les victimes de Souzanne’s Bay ont urgemment besoin d’eau potable, de nourriture et d’habits ; dans l’espoir qu’une solution plus durable sera plus tard envisagée par les autorités politiques sierra léonaises.