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« Viens vers le Père! »: Journée des Martyrs Xavériens


Au niveau de notre Famille charismatique xavérienne, le vendredi de la deuxième semaine d’octobre est une « Journée des Martyrs Xavériens ». Traditionnellement, cette semaine est consacrée au thème du sacrifice ; et le martyre en est la manifestation sublime, s’agissant d’une vie qui se donne par amour à Dieu et à la mission que Dieu nous confie.

La «Journée des Martyrs Xavériens» est un moment très précieux pour notre Famille.  D’abord, c’est un moment de contemplation, d’adoration et de louange du Christ qui s’est livré pour nous et pour toute l’humanité. Ensuite,nous rendons hommage à nos martyrs xavériens dont P. Caio Rastelli, P. Giovanni Botton (martyrs de la Chine) ; Fr. Vittorio Faccin, P. Luigi Carrara, P. Giovanni Didonné, Abbé Joubert (martyrs du Congo) ; P. Mario Veronesi, P. Valerio Cobbe (martyrs du Bangladesh) ; P. Salvatore Deiana, P. Alberto Pierobon (martyrs du Brésil) ; P. Ottorino Maule, P. Aldo Marchiol et Mademoiselle Catina Gubert. Nous leur associons les Missionnaires de Marie-Xavériennes Olga Raschietti, Lucia Pulici, Bernadette Boggian (martyres du Burundi). Enfin, devant ce brillant tableau, cette mémoire se veut être une occasion de demander pour nous-mêmes, qui appartenons au Christ, la grâce du témoignage.

« Si un grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn12, 24). Chers frères et sœurs, Jésus utilise l’image simple du grain de blé  pour parler de sa donation pour toute l’humanité. L’image du grain ne nous est pas étrangère.  En effet, de par notre expérience des champs, un grain mis en terre s’efface au point de se confondre avec la terre. Cette mise en terre n’est pas inutile ; c’est pour donner  des fruits et, des fruits en abondance.

En utilisant cette image du grain de blé, Jésus voulait montrer comment est précieux et incontournable son  sacrifice offert pour toute créature. Voilà pourquoi nous le louons. Nous l’adorons  aussi parce qu’il s’offre dans l’humilité en exemple et en chemin. Beaucoup de baptisés s’en étant inspirés et ayant marché derrière lui, en sont arrivés à verser la dernière goutte de leur sang. La figure de Saint Ignace d’Antioche est plus parlante. En effet, il parcourut avec enthousiasme et confiance en Dieu le chemin qui le conduisit à Rome où des bêtes affamées l’attendaient. N’est-ce pas la folie de la croix du Christ qui le poussa à supplier la communauté de Rome de ne pas l’empêcher  vivre le martyr ? « …  je mande à tous que je mourrai de grand cœur pour Dieu, si vous ne m'en empêchez pas. Je vous en supplie, n’ayez pas pour moi une bienveillance inopportune.  Laissez-moi être   la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu…. »

Ainsi, nos martyrs xavériens, à l’instar de Saint Ignace d’Antioche,  n’ont pas épargné leur vie  pour la cause de l’annonce et du  témoignage de la Bonne nouvelle. Nos grands-frères et nos grandes-sœurs, dans la Sequela Christi, ont haï leur vie de ce monde pour la conserver en  vie éternelle (cf. Jn 12, 25). C’est le « mépris » de la vie qui faisait dire à Sœur Olga ce qui suit : « Nous croyons que la vie offerte à Dieu portera son fruit pour que finalement le peuple voie des jours de paix ». Toute la constellation de martyrs que nous avons ci-haut citée a eu cette attitude à l’égard de leurs corps et de leurs vies.

Bien qu’ils aient été tués atrocement, nous nous réjouissons parce que nous avons, non seulement  des modèles à suivre mais aussi des intercesseurs. Oui, nous sommes témoins de la fécondité du sang qu’ils ont versé.  Aujourd’hui, nous récoltons des fruits de leur martyre.

Cependant, leur témoignage est un défi qui nous est lancé. Où en sommes-nous aujourd’hui dans le témoignage de la vérité, de l’amour et de la miséricorde ?  Peut être, notre vécu  ne traduit pas notre identité de témoins de l’amour et de la miséricorde de Dieu.  Prions pour que  Jésus lui-même nous donne sa force de lui rendre témoignage à temps et à contretemps.