
Devenir xavérien par la première profession religieuse
L’Esprit du Seigneur suscite toujours au sein de l’Eglise des témoins et annonciateurs de l’Evangile. Parmi ceux-ci, figurent les Missionnaires Xavériens que nous pouvons surnommer ‘les religieux de la mission ad gentes’. Je vais montrer dans les lignes qui suivent ce que veut dire « devenir xavérien » par la première profession religieuse à la lumière de mon cheminement vécu et de l’exhortation que je ressens.
Devenir xavérien pour moi, c’est accueillir le don du Seigneur exprimé dans les vœux religieux. Celui qui devient xavérien a vécu au préalable « la rencontre avec le Christ »[1], laquelle s’est amplifiée lors de la régénération baptismale[2]. Ainsi, la fécondité baptismale telle que je l’ai ressentie nous amène à découvrir que « l’amour du Christ nous presse » [3] et que « malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile »[4]. Comme débouchée de cette vie spirituelle, je me rends compte que le xavérien devient un « alter Christus » à la « sequela christi. » Dès la première profession religieuse, le novice devient religieux selon le Code du Droit Canonique.
« La période de profession temporaire se propose de porter le candidat au choix définitif de la vie xavérienne à travers une maturation et une vérification, dans le quotidien, du nouveau style de vie. »[5]Dorénavant et en suivant le Droit canon, devenir xavérien par la profession des vœux, c’est être partie intégrante de la Congrégation, assumant les droits et les devoirs de l’Institut en vivant son charisme et sa spiritualité. Ceci en vue de rendre présent le Christ parmi ceux qui l’ignorent, surtout les privilégiés de l’Evangile : les marginalisés, les pauvres, les victimes de l’oppression et de l’injustice[6] et les différentes périphéries de la société selon les propos du Pape François. Telle est d’ailleurs ma grande motivation en intégrant cette famille religieuse.
Etant fils de Conforti, je ressens l’urgence selon laquelle devenir xavérien c’est aussi témoigner de ma foi dans l’observance amoureuse, libre, vraie et sereine des Constitutions xavériennes dans la mission ad gentes, ad extra et ad vitam. Cela nous rend « professionnels ». Par exemple, L’infirmier a la profession de l’infirmier, mais le religieux et encore le xavérien est ‘professionnel’ en la pauvreté, chasteté et obéissance suivant les Constitutions.
Frère parmi les frères dans l’Institut, je désire vivre la finalité missionnaire telle que voulue par le fondateur tout en étant dans un esprit de communion avec tous les confrères et surtout avec une obéissance pleine de disponibilité. Et aussi dans une spiritualité christocentrique qui m’aide à vivre la chasteté, la pauvreté, l’obéissance et la mission avec une humilité persévérante. Toujours en ayant un esprit de famille sans partage ni penchant antiévangélique et anticonstitutionnel, je découvre et je me sens interpelé que le fils de Conforti témoigne aussi du visage humain de la personne xavérienne[7].
En dernière analyse, puis-je dire que la première profession des vœux qui nous rend religieux implique une foi profonde qui nous poussera à découvrir toujours le positif dans chaque confrère, chaque personne et chaque événement qui couronnent le quotidien existentiel. Et cette logique m’aidera comme xavérien dans la mission et dans le cadre de la formation permanente, à passer du calvaire quotidien-où se trouve le Crucifix qu’il faut embrasser avec sourire- à la Résurrection glorieuse où Dieu sera « Tout en tous »[8].
SALEH MOLL François



