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Paroisse saint Jude Apôtre : une communauté à vocation missionnaire à Douala


Située au quartier Ngodi Bakoko à Douala (Cameroun), la paroisse saint Jude Apôtre a accuilli, le mercredi 11 septembre, le père Robert Kowa Sado comme son nouveau curé. Il s’agit d’un nouveau départ pour cette communauté qui a une vocation missionnaire évidente au regard de son emplacement et de l’équipe apostolique à son service : les missionnaires xavériens. Dans cette interview, le père Robert nous livre ses premières impressions ainsi que les projets qui lui tiennent à cœur dans l’animation missionnaire de cette communauté chrétienne.

Louis Bira SX : Vous avez été en mission au Mozambique pendant 8 ans. Et après vos études à Rome, vous voilà devenu le nouveau curé de la paroisse saint Jude, dans une ville et une église locale que vous connaissez bien. Car vous avez grandi à Douala. N’est-ce pas un appel à « être prophète chez soi et chez les siens » ?

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Robert Kowa SX : Je suis, effectivement, né et grandi à Douala. J’ai aussi suivi toute ma formation de base à la vie xavérienne à Douala, exception faite de l’année de noviciat à Kinshasa. De ce point de vue, cet archidiocèse ne m’est pas complètement étranger. Toutefois, je dois reconnaître que le fait d’avoir passé juste après mon ordination sacerdotale 10 ans en mission ad extra m’oblige à me soumettre à un processus de réintégration et de réinsertion dans la version actuelle de ce « chez moi ».

Louis Bira SX : La paroisse saint Jude est située à une double périphérie :  géographique et existentielle de la ville de Douala. Cet emplacement ne confère-t-il pas au pasteur que vous êtes et à toute l’équipe pastorale une vocation missionnaire évidente?  

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Robert Kowa SX : Les données socio-anthropologiques et les caractéristiques d’occupation urbaine de ce territoire paroissial le montrent fort bien. Déjà le parcours historique de la paroisse de Ngodi témoigne de son enracinement missionnaire, depuis les débuts de la communauté chrétienne dans ses contrées autour des années 1995, jusqu’à l’acte juridique de la création de la paroisse, le 15 juillet 2013. Dès lors, notre approche pastorale tentera modestement de s’inscrire dans la continuité de celle des confrères devanciers que nous remercions, par ailleurs, pour le travail abattu jusqu’ici.

Louis Bira SX : Vous prenez la charge pastorale d’une communauté qui a été fondée et desservie jusque-là par les missionnaires xavériens, une congrégation qui a un charisme spécifique dans l’Église. Y-a-t-il un élément particulier de ce charisme que vous voulez explorer davantage pour donner un visage plus missionnaire à cette paroisse ?

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Robert Kowa SX : « …un esprit de foi vive qui nous entraine à voir Dieu, à chercher Dieu, à aimer Dieu en toute chose… » (Lettre Testament, n. 10) Ces paroles de Saint Conforti reflètent une dimension fondamentale de notre spiritualité missionnaire. Notre fondateur a toujours mis l’accent sur une foi vive qui pousse à l’action et à la mission. Il croyait fermement que la foi devait être vécue intensément et partagée avec les autres, afin de nous rapprocher de Dieu. Dans le contexte paroissial de Ngodi Bakoko, cet élément particulier de notre charisme est convoqué pour inviter les fidèles comme les agents pastoraux, en général, à regarder le passé avec gratitude, à en tirer des leçons offertes pour le présent en vue de se projeter avec confiance vers le futur.

Louis Bira SX : Étant une fondation récente, saint Jude est une paroisse en chantier qui a besoin de moyens matériels pour ériger des structures. Comment comptez-vous relever ce défi économique ?

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Robert Kowa SX : C’est vrai que la réflexion sur la mission ne saurait ignorer la question des moyens matériels et structurels utiles à l’annonce de l’Évangile. En ce sens-là, les défis liés à l’économie ici en paroisse nous mettent sur la voie d’une démarche qui consistera, davantage, à promouvoir des stratégies d’auto-prise en charge matérielle de la communauté. On essaiera de miser sur les ressources locales en explorant et en promouvant des initiatives allant dans ce sens, sans négliger notre devoir moral constant de transparence en matière de gestion et d’administration. La participation active des fidèles devra jouer tout le rôle qui est le sien. En ce moment où l’actualité ecclésiale parle tant de synodalité, tout ceci ne sera possible que par l’implication et la contribution de tous : des confrères, des sœurs xavériennes, des laïcs missionnaires de Marie, bref de tout collaborateur que le Seigneur met et mettra sur notre chemin.