
Une nouvelle mission aux frontières du Tchad
Depuis août 2019, les missionnaires xavériens ont ouvert une nouvelle présence missionnaire au Tchad, dans le Vicariat Apostolique de Mongo. Mgr Henri Coudray, Evêque du Vicariat Apostolique de Mongo leur a confié la gestion de la paroisse de Bitkine. La paroisse Saints Pierre et Paul de Bitkine est l’une de six paroisses du Vicariat apostolique de Mongo (Mongo, Bitkine, Dadour, Baro Abéché et Am-Timan), au Tchad. Ce Vicariat a une superficie de 540 000 km2. Il partage 400 km de frontière avec la Lybie au Nord, plus de 1 000 km avec les deux Soudans à l’Est, et enfin avec la République Centrafrique au Sud. A l’Ouest il jouxte le Niger, le Nigéria, et le Cameroun.
De cette manière, cette nouvelle mission est vraiment aux frontières : géographiques et humaines. En effet, la paroisse de Bitkine est une église minoritaire qui cherche à vivre du Christ et à témoigner de la fraternité possible avec les musulmans qui sont majoritaires et avec les animistes. La Paroisse de Bitkine est la communauté dans tout le Vicariat de Mongo qui compte encore des chrétiens autochtones. Les protestants y sont aussi nombreux avec beaucoup d’œuvres philanthropiques. Face à cette situation, la Paroisse de Bitkine se fixe comme objectif le témoignage et le service.
Aujourd’hui, ils sont trois missionnaires xavériens : Père Jesus Calero, espagnol ; Père François Xavien Agung Widodo, Indonésien et le Frère Antoine Ntabala, congolais de la RDC), qui sont en mission dans le Guéra. D’abord et avant tout, ils se consacrent à l’évangélisation en favorisant la croissance de chacun selon ses propres possibilités. Ils se donnent actuellement à l’apprentissage de la langue Kenga et de l’arabe. Ils travaillent aussi dans le dialogue interreligieux.
Au milieu de leurs frères et sœurs kenga et les arabes, ils vivent la mission à travers différentes activités : l’annonce de la parole de Dieu, l’accompagnement et l’animation de mouvements, groupes et services ; l’éducation de la jeunesse au centre culturel, la bibliothèque paroissiale, les cours au collège des filles de Sainte Joséphine Bakitha ; la gestion de deux internats (des filles et des garçons) ; les cours d’alphabétisation et de coup couture pour la promotion de la femme et de la jeune fille, dans un milieu où la femme est marginalisée et considérée comme objet de reproduction et de plaisir.
Dans toutes ces activités, les trois missionnaires Xavériens sont de façon permanente en proximité avec des enfants, des jeunes, des personnes malades et nécessiteuses ou en difficultés… Comme Saint Guido Maria Conforti, Fondateur des Missionnaires Xavériens, le recommande à ses fils, ils rechercheront l’amour du Christ qui nous pousse à aller vers les autres en faisant du monde une seule famille dans le Christ. C’est aussi la demande du Pape François dans EvangeliiGaudium : « Allez dans les périphéries existentielles… ».
Comme Xavériens, nous héritons d’une paroisse qui a son histoire. Elle n’a pas était toujours rose. Il y a eu des hauts et des bas. Il y a eu le passage des prêtres qui ont donné les meilleurs d’eux-mêmes et d’autres ont été sujet de scandale. Même du côté des chrétiens, beaucoup ont perdu la foi à cause des scandales de certains de leurs pasteurs. Pendant longtemps, la paroisse a été dans les mains des chrétiens. Ils l’ont gérée de leur manière. Et Dieu merci, grâce à eux, une présence chrétienne a été maintenue. Nous en sommes aujourd’hui les héritiers.


