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Dire et faire


"Que notre Seigneur Jésus-Christ soit connu et aimé de tous" (G.M.Conforti)
 
Mt 23, 1 Alors Jésus s'adressa à toute la foule, ainsi qu'à ses disciples : 
 
2 « Les maîtres de la loi et les Pharisiens, dit-il, sont chargés d'expliquer la loi de Moïse. 3 Vous devez donc leur obéir et accomplir tout ce qu'ils vous disent ; mais n'imitez pas leur façon d'agir, car ils ne mettent pas en pratique ce qu'ils enseignent. 4 Ils attachent de lourds fardeaux, difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes ; mais eux-mêmes refusent de bouger un doigt pour les aider à remuer ces fardeaux. 5 Ils accomplissent toutes leurs œuvres de façon que les hommes les remarquent. Ainsi, pour les paroles sacrées qu'ils portent au front ou au bras, ils ont des étuis particulièrement grands ; les franges de leurs manteaux sont exceptionnellement larges.

6 Ils aiment les places d'honneur dans les grands repas et les sièges les plus en vue dans les synagogues ; 7 ils aiment à recevoir des salutations respectueuses sur les places publiques et à être appelés «Maître» par les gens. 8 Mais vous, ne vous faites pas appeler «Maître», car vous êtes tous frères et vous n'avez qu'un seul Maître. 9 N'appelez personne sur la terre votre «Père», car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est au ciel. 10 Ne vous faites pas non plus appeler «Chef», car vous n'avez qu'un seul Chef, le Messie. 11 Le plus grand parmi vous doit être votre serviteur. 12 Celui qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé. »

En écoutant ce passage, je pense à ce que Jésus a dit à ceux qui voulaient lapider la femme adultère : ‘- Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre.’ Et le texte nous dit que l’un après l’autre, tous partirent, les plus âgés d’abord.
Dire et ne pas faire. Qu’il est facile de tomber dans ce piège ! Qui est celui qui peut dire : je n’ai jamais été incohérent dans ma vie ? Je pense que ce qui est important est le fait de s’en rendre compte. Le pas suivant est de lutter contre ces incohérences. Ce qui serait dommage est de penser que cela ne me concerne pas, que c’est l’affaire du voisin. Ça c’est la vraie hypocrisie !

Personnellement, je me sens interpellé d’une manière particulière. Jésus parle des scribes et pharisiens, c’est-à-dire, des responsables de la communauté. Le message est adressé à toute la foule, ainsi qu’à ses disciples. Donc, c’est un enseignement important pour les siens. Ce que les autres font, c’est une tentation très grande pour celui qui le suit.

Parfois, je me suis dit : afin de ne pas être incohérent, c’est mieux de ne pas parler. Ou bien, parler de ce que je me sens plus ou moins cohérent. Je pense que le sujet peut se situer à deux niveaux. Le premier, nous tous nous sommes des disciples. Ici, il ne s’agit pas d’être supérieur ou inférieur à l’autre. En écoutant le Seigneur, sa Parole nous a séduit de telle façon, que nous sentons le désir irrésistible de la mettre en pratique, qu’elle devienne chair de notre chair. Jour après jour, avec nos ‘prouesses’, et aussi avec nos misères, avec nos hauts et avec nos bas, nous sommes là engagés dans la mise en pratique de cette bonne nouvelle : nous tous, nous sommes frères !

Le deuxième. Les différents ministères ou services qu’il y a dans l’Église sont au service de cette fraternité, pour la faire grandir, pour qu’elle progresse. Ces ministères sont confiés à des personnes de chair et d’os, comme tout être humain. C’est normal qu’il y ait des incohérences, des faiblesses, parce que cela fait partie de ce que nous sommes. Ce qui est important, c’est de ne pas rester dans l’incohérence, mais, avec la grâce de Dieu, de grandir, progresser dans le chemin du Seigneur.
‘N'appelez personne sur la terre votre «Père», car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est au ciel.’
La réalité est que chaque jour on m’appelle ‘père’. Au début, je n’aimais pas ça. J’avais essayé de dire par ici et par là que c’était mieux de m’appeler par mon prénom. Mais ils montraient un visage de surprise, et ils continuaient à m’appeler ‘mon père’. C’est comme ça que, malgré moi, je m’y étais habitué. Et cela jusqu’au jour où j’ai trouvé les paroles de saint Paul. Il dit aux Corinthiens : ’Je vous écris ainsi non pas pour vous faire honte, mais pour vous instruire comme mes très chers enfants. Car même s'il vous arrivait d'avoir dix mille guides dans votre vie avec le Christ, vous ne pouvez avoir qu'un seul père : en effet, quand je vous ai apporté la Bonne Nouvelle, c'est moi qui suis devenu votre père pour votre vie avec Jésus-Christ.’ (1 Cor 4,14-15). C’est la paternité spirituelle !
Depuis que j’ai fait cette découverte, je peux dire que je sens beaucoup de joie lorsqu’on m’appelle ‘père’. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de tendresse en cela. Et en plus, c’est une grande responsabilité. Comme le prophète Malachie dit : ‘Oui, c'est le rôle du prêtre d'enseigner aux hommes à connaître Dieu’ (Mal 2,7). À le connaître et à l’aimer dans le service, l’humilité et avec beaucoup de joie.
Que la grâce du Seigneur nous accompagne et soutienne continuellement !