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Elections en RD Congo : les cinq candidats à qui dire non selon la CENCO


Le 20 Décembre 2023, la RD Congo organise les élections présidentielles, législatives et municipales. Depuis le dimanche 19 novembre, la campagne électorale a officiellement commencé. 26 candidats présidents et des dizaines de milliers concourent comme élus nationaux, provinciaux ou locaux. C’est dans ce contexte que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a rendu public un communiqué ce 21 novembre où elle indique, sous forme de NON, de candidats à ne pas élire.

Cinq types de candidats à ne pas élire

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Les élections à venir ne sont pas les premières en RDC. On sait que les régimes se succèdent sans que les conditions du peuple ne s’améliorent guère. Et les élus d’hier reviennent encore aux affaires sans qu’ils n’aient rien fait pour le peuple. Qui blâmer ? Les électeurs. Pour éviter de commettre les erreurs du passé, la CENCO dresse une liste de 5 profiles auxquels elle invite à dire non.

Il s’agit de ne pas élire de « candidats qui changent le camp à la recherche des intérêts personnels ». Adeptes de la ‘transhumance politique’, en référence au phénomène d’élevage consistant dans la migration périodique du bétail entre les pâturages d'hiver et d’été, toujours à la recherche d’un endroit où son alimentation est assurée quel que soit le climat, cette catégorie de politiciens que les évêques invitent à désavouer est la plus dangereuse ; et malheureusement la plus populaire. En effet, on voit sur la liste beaucoup de candidats qui étaient des anciens mobutistes, puis membres des régimes kabila père et fils, aujourd’hui convertis en défenseurs acharnés du président sortant et candidat à sa succession, Félix Tshisekedi Tshilombo. Comme d’habitude, ils vont promettre ciel et terre. Mais au finish, ils ne cherchent qu’à se remplir les poches et celles de leurs familles. Attention donc à ces loups convertis en agneaux, alertent les évêques catholiques. Car un loup reste loup.

La CENCO continue sa liste en invitant à dire non aux candidats qui prennent pour suppléants les membres de leurs familles, non aux cumulards, ces candidats qui postulent à tous les niveaux, non aux tribalistes et népotistes et non à ceux qui achètent les consciences. A écouter les prélats catholiques, on peut se demander pour qui il faudra finalement voter ? Car rares sont les candidats qui ne tombent pas sous ce label « de la politique du ventre ».

On a les dirigeants qu’on mérite, dit-on

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Dans son message, la CENCO rappelle que la campagne électorale est l’occasion de demander de comptes à ceux qui ont dirigé par rapport aux promesses faites et de bien juger la pertinence et la faisabilité des promesses de nouveaux candidats. Les élections sont une opportunité pour le peuple afin de sanctionner ceux qui ont mal géré et reconduire ceux qui ont bien servi le pays. Même si par rapport au régime de kabila la violence de l’Etat a un peu baissé, à voire le niveau de la pauvreté, de la corruption, des injustices sociales et surtout de l’instabilité et la guerre à l’Est du pays, on est en droit de se demander si on ne devrait pas suivre le jeune influenceur gabonais qui dit : « TOUT EST A FERAIRE », donc envoyer tous les anciens élus à la retraite !

La responsabilité des électeurs implique aussi leur vigilance pour ne pas se faire voler leur vote. Les souvenirs tristes des élections truquées sont encore dans nos mémoires. Pour éviter un tel scenario, la CENCO encourage ceux qui se sont engagés à rejoindre la campagne dite de: « veillée électorale » et exhorte le peuple à ne pas quitter les bureaux de vote tant qu’on n’aura pas affiché les résultats. Les prélats catholiques seront -ils écoutés ? Espérons. C’est l’heure de la responsabilité. Si les électeurs congolais ne discernent pas bien, la RDC continuera à être ce pays scandale géologique où les millions de dollars sont détournés impunément, où les salaires des élus- inconnus du grand public- sont supérieurs à ceux des pays comme la France ou les USA ; alors que les militaires, les policiers, les enseignants, les infirmiers… touchent un salaire du catéchiste ; et lorsqu’ils sont payés ! Si on vote mal, on ne devrait plus se plaindre, sinon s’en prendre à soi-même, car on a les dirigeants qu’on mérite, dit-on.

Ne pas faire de la maison de Dieu une maison du commerce (Jn 2, 16)

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Le communiqué de la CENCO se termine par la réaffirmation de la neutralité de l’Eglise. L’Eglise reste au milieu du village, lit-on. Cela dit, les pasteurs catholiques refusent qu’on loue ou qu’on cède les espaces de l’Eglise pour la campagne électorale des individus ou des regroupements politiques, d’utiliser les lieux de culte pour la propagande politique. Aussi, ils interdisent d’accorder la parole aux acteurs politiques pendant les célébrations eucharistiques ou tout autre activité ecclésiale pour battre campagne.

Les évêques refusent de faire de la maison de Dieu une maison du commerce politique, comme c’est l’habitude en ce pays dit « surchristianisé ». Cette dernière mesure est peut-être la plus difficile à suivre en sachant que la RDC est un pays où la religion et la politique s’entremêlent avec comme conséquence l’instrumentalisation réciproque. Au regard de la situation du pays, ce sont les politiciens qui profitent de ce mélange malsain ; même s’ils ne manquent pas de se montrer généreux à l’égard des hommes et de femmes de Dieu. Parce que beaucoup de candidats sont de catholiques, parfois très pratiquants, appartiennent à de mouvements ecclésiaux, ou sont de responsables de conseils paroissiaux ou diocésains, l’application stricte de la directive épiscopale est un vrai test de la crédibilité de la parole de la hiérarchie de l’Eglise catholique sur les questions politiques en RDC. En ce sens, let’s wait and see….!