
La 97ème journée mondiale des missions: Des cœurs brûlants, des pieds en marche
C’est dans la mouvance de la célébration de la 97e journée mondiale des missions que nous voudrions proposer une réflexion, tout en nous appuyant sur le Message du Saint Père François, autour du thème Vivre la mission comme les disciples d’Emmaüs.
Cette journée se veut une journée de prière et de médiation sur le sens profond de notre être missionnaire dans l’aujourd’hui. Comme à l’accoutumée, le Saint Père François nous adresse un message intitulé « Des cœurs brulants, des pieds en marche » (cf. Luc 24, 13-35). Il nous interpelle et nous encourage.
Le Pape nous y invite à partir, nous aussi, « avec des cœurs brûlants, les yeux ouverts, les pieds en marche » pour annoncer l’Evangile du Christ, autrement dit, à vivre la mission comme les disciples d’Emmaüs. « En méditant sur ces trois aspects qui dessinent l’itinéraire des disciples missionnaires, nous pouvons renouveler notre zèle pour l’évangélisation dans le monde d’aujourd’hui », explique le Pape. De manière sommaire, en parcourant son Message, nous y avons retenu trois points.
Connaître l’Ecriture Sainte
Après avoir écouté les deux disciples sur la route d’Emmaüs, Jésus ressuscité, « commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24, 27). Les cœurs des disciples se réchauffèrent, comme ils finiront par se l’avouer l’un à l’autre : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? » (Lc 24, 32).
Luc nous décrit ici la proximité de Jésus vis-à-vis des deux disciples découragés par la mort de celui sur qui ils avaient fondé beaucoup d’espoir.
Autant il est proche et marche avec les disciples d’Emaüs, autant il le fait avec tous les disciples missionnaires. « Surtout lorsqu’ils se sentent perdus, découragés, effrayés face au mystère d’iniquité qui les entoure et qui veut les étouffer ». Lorsque nous traversons des situations semblables à celles de ces deux disciples, nous ne devons donc pas perdre espoir ; tout au contraire, ranimons notre espérance en Celui qui est comme mort mais qui est toujours vivant.
Dans le passage de Luc, Jésus projette la lumière de la Parole sur le parcours obscurci de ses deux compagnons. Le Saint Père a vraiment raison d’attirer notre attention sur l’importance de la connaissance de l’Écriture en lien avec la vie du chrétien, « et plus encore pour l’annonce du Christ et de son Évangile. » En effet, la Parole illumine le parcours du missionnaire et alimente sa proclamation. Lorsqu’elle est absente, le missionnaire marche dans le noir et court le risque de transmettre ses propres idées et projets. Sans elle, le cœur du missionnaire se refroidit ; avec quoi « pourra-t-il jamais faire brûler celui des autres ».
L’Eucharistie, « source et sommet de la mission »
La Parole a brûlé le cœur des disciples. Elle les a amenés aussi à le reconnaître… lors de la fraction du pain. Luc raconte que Jésus était à table avec ses deux compagnons. « Il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. » Il ajoute que « Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent...mais il avait disparu de devant eux » (Luc 24, 30-31).
La bénédiction et la fraction sont deux gestes eucharistiques et qui, pour le cas de nos deux compagnons les conduisent à la reconnaissance du mystérieux compagnon.
Ils se mirent aussitôt en route ; ils s’en retournèrent à la ville d’où ils étaient partis. Certainement pour confirmer aux « Onze et leurs compagnons », d’une part, la résurrection du Seigneur et son apparition à Simon et, d’autre part, le fait de l’avoir reconnu à la fraction du pain (cf. Luc 24, 33-35). Comme nous le voyons, comme le dit bien le Saint Père, « Jésus dans l’Eucharistie est le sommet et la source de la mission». Nous aussi, c’est dans l’Eucharistie que nous puisons effectivement la force et l’ardeur pour la mission. En outre, comme Jésus et en Lui, brulants du feu de l’Esprit Saint, rompons le pain et devenons des pains rompus pour nos frères et sœurs.
Ressourçons-nous dans l’Eucharistie ; prolongeons-la dans l’adoration, pas seulement communautaire mais aussi personnelle. Restons en sa présence, en silence, l’écoutant pour cultiver la communion avec le Seigneur. Aussi pourrons-nous devenir des disciples missionnaires mystiques en action.
Témoigner de Jésus-Christ
Les disciples d’Emmaüs repartent enfin de cette rencontre inattendue « les pieds en marche, avec la joie de raconter le Christ ressuscité ». La joie qui naît de la rencontre avec le Ressuscité dans les Écritures et dans l’Eucharistie, nous pousse à témoigner de Lui avec force, même dans les situations les plus difficiles et les moments les plus sombres.
Le Saint-Père termine son message en souhaitant que notre témoignage missionnaire soit « un joyeux récit du Christ Seigneur, de sa vie, de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, des merveilles que son amour a accomplies dans notre vie ».
Nous aussi, repartons de chaque eucharistie, comme de cette adoration, les cœurs tout brûlants, les yeux ouverts pour témoigner, ouvrir les yeux de nos frères et sœurs, les yeux de nos frères de la communauté que nous formons. Que le redépart soit synodal, qu’il soit une marche ensemble sur le parcours menant à la paix et le salut que le Ressuscité a tracé.



