
Le Logos divin comme paradigme de croire et de l’Église chez le Cardinal Joseph Ratzinger
Cet article se veut un résumé de notre travail de fin du premier cycle en théologie dont l’intitulé du sujet est « Logos divin comme paradigme de croire et de l’Église chez le Cardinal Joseph Ratzinger ». Nous choisissons de parler de Jésus, le Verbe divin car le christianisme est la religion qui annonce le Verbe de Dieu le Père parmi les hommes. Cette religion est intimement liée à l’Église comme Jésus-Christ est la tête de l’Église. Cette religion porte en elle la foi chrétienne importante pour les sociétés. Dans notre travail, nous en avons parlé en long et en large ; ici nous résumons, l’introduction et le corps du travail pour partager le contenu de nos recherches.
La foi chrétienne affleure de la proclamation de la parole de Dieu écoutée et accueillie. Cette dernière acquiert sa légitimité à travers le mandat missionnaire que le Christ a confié à ses disciples, les exhortant à se rendre auprès de toutes les nations et à faire de tous les peuples ses disciples (cf.Mt 28,16-20). Ils sont envoyés pour construire l’unique Corps du Christ (Cf.1Co 12), l’unique Peuple de Dieu et le Temple de l’Esprit-Saint (cf. LG 9). Cette Église en fondation est le nouvel Israël, le Peuple de la Nouvelle Alliance qui est devenu au cours de l’histoire un culte nouveau. C’est l’accomplissement d’un grand mystère, l’institution de la Sainte Eucharistie que le Christ lui-même a faite (cf. CEC 1339). Par ce mystère, le Christ a voulu intégrer dans son Église les hommes et les femmes de tous les pays et de toutes les époques. Joseph Ratzinger disait que « l’unité concrète de la foi commune attestée dans la Parole, et de la table commune de Jésus-Christ, est partie essentielle du signe que l’Église est appelée à instaurer dans le monde »( cf. J. RATZINGER, La foi Chrétienne hier et aujourd’hui, [Trad.de l’allemand par E. GINDER et P.SCHOUVER et par J. HOFFMANN pour la préface], Paris, Cerf, 2005, 129). La mission catholique est d’unir les nations, les races, les classes, les tribus et les ethnies. C’est cela la réalité concrète de la vie de l’Église dans le monde.
C’est par ces propos que la problématique de notre travail de fin de cycle est formulée pour découvrir de quel sens nous pouvons parler de Jésus comme paradigme, le fondement de notre foi et de l’Église. La première question est de chercher à savoir le vrai sens de l’existence et de l’avenir de l’homme et de l’Église à la lumière du Logos divin comme paradigme du croire dans l’Église. Pourquoi l’Église est-elle porteuse du regard du Christ sur le monde ? Est-ce que les principes doctrinaux essentiels tels que le Logos, l’Être, l’Expiation de Jésus-Christ et la Vérité restent-t-ils actifs et témoignent encore de la présence vivante du Christ au sein de l’Église pour le monde ? Quelle est la position doctrinale de l’Église vis-à-vis du monde, des choses, de l’homme, ses œuvres et ses initiatives ? Enfin, que veut dire le Logos divin dans l’aujourd’hui des Églises africaines ?
L’intérêt de notre sujet s’oriente vers la théologie sacrée qui déclenche en nous l’esprit de chercher la vérité. Et la théologie du XXè siècle pourra nous instruire davantage à ce sujet. Cette théologie du XXè siècle s’est occupée de la noble tâche de rendre le discours théologique plus clair, rigoureux, voire responsable afin de rendre compréhensible la foi chrétienne. Ce n’était pas transitionnel que cette théologie traverse ce moment décisif de l’histoire. Elle voulait répondre aux nouvelles méthodes d’interprétation des Saintes Écritures (méthode historico-critique ) qui apparaissaient comme une nouveauté ; émergence de l’historicisme et les défis existentiels de cette époque. Et l’objectif incontournable de la théologie du XXè siècle était de développer la pensée théologique « pour la gloire de Dieu » et la défense de « l’Humanum (cf. R. GIBELLINI, Panorama de la théologie au XXè siècle, [ Trad. de l’Italien par J. MIGNON ], Paris, Cerf, 2004, 1).
Cet objectif est toujours d’actualité, puisque le monde contemporain n’a pas perdu ce qu’il a hérité de l’époque moderne. Le défi majeur de notre époque réside dans l’effondrement des paradigmes de la tradition chrétienne, face à la prééminence des principes d’anthropocentrisme, au relativisme par rapport aux repères doctrinaux, ainsi qu’à la perte du sens du péché dans notre société. De plus, l’homme semble de plus en plus enclin à établir un accord avec l’opérationnel, ce qui entraîne la prééminence de la praxis scientifique et technologique sur la foi, la liturgie, la loi divine (morale), la justice sociale et la dignité de l’être humain. Cette situation hardie se transforme en une obsession qui exalte seulement ce qui est opérationnel. Ce qui risque de brouiller inconsciemment notre vie pratique de foi et notre compréhension de la Vérité et de la réalité. Joseph Ratzinger y voit déjà un grand danger. Il dit : « Voyant le monde moderne se tourner résolument vers l’opérationnel, l’on veut y répondre en transposant la foi elle-même sur ce plan »( cf. J. RATZINGER, La foi Chrétienne hier et aujourd’hui, p.129). Alors, le dilemme de « la théologie moderne commence par se détourner du Christ pour fuir vers Jésus historique, vers celui que la science historique peut atteindre » ( cf. J. RATZINGER, La foi Chrétienne hier et aujourd’hui, p.129). Nous avons subdivisé notre travail en trois chapitres. Nous voyons d’abord le sens du logos divin et la foi chrétienne de l’Église ; ensuite, le verbe divin est fondement de l’Église ; enfin, Le Logos divin et l’Église, voies du salut pour l’homme.
Le sens du Logos divin et la foi chrétienne de l’Église
La théologie est sans doute une expression de « fides quarens intellectum » pour exposer l’insondable richesse du Christ et d’interpréter les mystères révélés par le Christ (cf. Eph 3,8). Cela procure de la joie spirituelle à la communauté des croyants, ainsi qu’à ceux et à celles qui sont au service de la mission évangélisatrice. La théologie nous aide à comprendre les choses de Dieu, parfois avec le rôle ancillaire de la philosophie, d’où l’on dit que la philosophie est la servante de la théologie. Cette responsabilité de la théologie nous a entraîné à préluder notre travail de mémoire par le chapitre dédié à la compréhension du Logos divin et à la foi chrétienne au sein de l’Église.
Il a été de notre devoir de commencer à chercher en quoi se rapporte le logos ? C’est pour ne pas confondre Logos divin et logos rationnel ? La thèse qui sous-tend ce chapitre est celle d’affirmer que le logos est d’emblée le propre de l’homme. C’est ce qui suscite, dans l’esprit humain, l’ambition de rechercher le lien entre la pensée et le réel. Après cette partie purement rationnelle, nous avons examiné le fond de la question concernant la relation entre le Logos divin et le domaine de la foi personnelle et ecclésiale. Notre penseur théologien Joseph Ratzinger démontre comment le logos est soit de nature intellectuelle (rationnelle de l’homme) et Dieu, soit il est l’acte de la pensée de la sagesse, soit le sens ou l’intelligibilité du produit de la pensée. Emmanuel Perrier interprète Joseph Ratzinger en disant que, « définir le christianisme comme la religion du Logos revient à énoncer un programme théologique sur Dieu comme Logos. Et, cette attribution dit quelque chose de l’essence divine[…]. Par conséquent, le logos attribut essentiel devient le Logos nom personnel de Dieu ».
En effet, « reconnaissant Dieu, le Sens Créateur [= le logos], comme personne, la foi chrétienne le confesse comme connaissance, parole et amour. Reconnaître Dieu comme personne, c’est donc nécessairement le reconnaître comme exigence de relations, comme “communicativité”, comme fécondité. Un être absolument un, qui ne serait ni origine ni terme de relation ne pourrait être une personne. La personne au singulier absolu n’existe pas » ( cf. J. RATZINGER, La foi Chrétienne hier et aujourd’hui, p.113). C’est ainsi que le logos, qui était pour les Grecs le sens, le ratio, devient concrètement la Parole, le Verbe qui s'incarne dans la vie et l’histoire de l’humanité. C’est une personne. Car, l’avènement de Jésus signifie que Dieu devient « Je » et « Tu » qui engagent le dialogue. Alors c’est une expérience du « Dieu qui dialogue, du Dieu qui n’est pas seulement Logos mais dia-logos, pas seulement Pensée et Sens, mais conversation et Parole dans la relation entre interlocuteurs »( cf. J. RATZINGER, La foi Chrétienne hier et aujourd’hui, p.116). C’est ce qui est annoncé dans le livre de la Genèse quand Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image » (Gn 1,26). Les trois personnes qui subsistent en Dieu, sont dans leurs relations internes réciproques, et la réalité qu’y sort est la Parole et l’Amour en personne divine. C’est dans cette optique que l’être humain est en mesure d’établir une relation avec Dieu Trine, de communiquer avec Dieu et de parler de Dieu.
Néanmoins, la fébrilité de notre monde actuel réside dans le fait que la foi peut être perçue comme une idée et la religion comme une idéologie à cause de la confusion créée par la mondialisation de révolte contre Dieu ou contre l’Église. Une telle position défend l’idée selon laquelle : croire signifie penser, supposer. Ce qui est du degré inférieur du savoir au sujet de réalités dont nous n’avons pas encore de certitude. Cependant, la foi en Dieu et en Jésus, son Fils, ne s’apparente pas à une simple pensée ou à une hypothèse. La source de notre foi est le Logos divin (le Verbe de Dieu), en qui, si nous croyons, nous connaissons Dieu et nous avons la vie éternelle. Donc, croire « c’est trouver et réaliser la vie, la vraie vie. Il ne s’agit pas de n’importe quel pouvoir, qu’il serait loisible d’acquérir ou de laisser de côté, mais précisément du pouvoir d’apprendre à vivre, et de vivre une vie qui puisse demeurer toujours »( cf. J. RATZINGER, « Transmission de la foi et sources de la foi », Conférence du Cardinal Joseph Ratzinger. Texte orginal, notes de l’Auteur traduites par DC( 1983). Article consulté en ligne sur https://files.fmnd.org/, le 20, octobre 2024).
Par conséquent, croire signifie renoncer à ce qui peut me retenir en vain. En effet, foi chrétienne « n’est pas une idée, mais une vie ; elle n’est pas esprit qui se replie sur lui-même, mais incarnation , esprit dans le corps de l’histoire et de la société »( cf. J. RATZINGER, La foi Chrétienne hier et aujourd’hui, p.51). Le chrétien est celui qui reconnaît qu’au plus profond de l’être humain réside une connexion entre l’homme et l’invisible, laquelle est absolument essentielle à son existence. Comme le christianisme est une religion du Logos, il est préférable que les chrétiens s’appuient sur l’être du Logos divin c’est-à-dire Jésus, Lui, qui a introduit dans l’humanité le dynamisme du passage de l’être déchiré, des individus isolés à l’union avec Dieu. L’Église n’est rien d’autre que ce dynamisme. C’est une mise en mouvement de l’humanité vers l’unité de Dieu. Il est le paradigme ou la norme de notre confiance en Dieu. Ce projet salutaire suggère à tout homme une compréhension sur l’irruption du péché dans la vie de l’homme et la justification qui se fait à travers l’Église. En elle, l’humanité déchirée passe à l’humanité renouvelée.
Le Verbe divin est fondement de l’Église
Le chapitre deuxième traite de l’identité du Verbe divin comme fondement de l’Église. Cela répond aux nouveaux slogans qui sont à la mode en ces jours : Jésus-Christ, oui ; l’Église, non! (cf. BENOIT XVI, Les Apôtres et les premiers disciples du Christ, aux origines de l’Église, Paris, Bayard, 2007, 18). En menant des recherches sur la place de la personne de Jésus et de l’Église chez Joseph Ratzinger nous nous rendons compte qu’ il y a une profonde, inséparable et mystérieuse continuité, en vertu de laquelle le Christ est aujourd’hui présent en son Peuple et en particulier en ceux qui sont les successeurs des Apôtres ( cf. BENOIT XVI, Les Apôtres et les premiers disciples du Christ, aux origines de l’Église, Paris, Bayard, 2007, 18). Les paroles de Blaise Pascal citées par Jean-Marc Ela nous étayent pour entrer dans la connaissance d’un lien indéfectible entre le verbe divin et l’Église. Il dit ceci:« Nous ne connaissons Dieu que par Jésus-Christ. Hors de Jésus-Christ, nous ne savons ce qu’est notre vie, ni ce qu’est notre mort, ni ce qu’est Dieu, ni ce que nous sommes nous-mêmes comme... », ajoutons que l’Église ne se comprendra jamais en dehors de la personne de Jésus-Christ(( cité par J-M. ELA, Repenser la théologie africaine. Le Dieu qui libère, Paris, Karthala, 2003, 147).
La partie fondamentale de ce chapitre parle de Jésus comme sacrement du Père et de l’Église fondement de notre foi. Cet argument justifie comment Jésus est le paradigme de l’Eglise. Notre vie chrétienne a un sens si elle est en communion avec Jésus-Christ présent dans sacrements. Par exemple le sacrement de l’Eucharistie. Car en commençant par la sainte Cène, puis le sang et l’eau qui ont jailli du côté droit de Jésus, il faut y voir l’institution divine de l’Église. Elle est le signe de la nouvelle communauté des hommes (cf. Preface de la Solennité du Sacré Cœur de Jésus). Donc, Jésus-Christ et l’Église ne font qu’un seul être. Enfin, la formule « ‘‘l’Église Corps du Christ’’ veut dire que l’Eucharistie, dans laquelle le Seigneur nous donne son Corps, est le lieu de naissance perpétuelle de l’Église ; il renouvelle sans cesse sa fondation »( cf.J. RATZINGER, Appelés à la communion. Comprendre l’Église aujourd’hui, [Trad.de l’allemand par GUILLAUME, Bernard], Paris, Fayard, 1993,120). Le mystère eucharistique reste spécialement dans l’application métaphorique de l’union sponsale, le noyau du concept d’Église et de l’expression ‘‘Corps du Christ’’ qui en est sa vraie définition.
Nous comprenons alors que l’Église vient d’une alliance entre Jésus et l’humanité. Et c'est le lieu concré de la Missio Dei Elle est une communauté réelle qui vit de la Cène du Seigneur actualisée chaque fois qu’elle célèbre la sainte messe. C’est ainsi que nous pouvons éviter de penser l’Église ou un institut religieux comme un organisme, une association ou une institution qui a émergé selon les émotions des initiateurs. Saint Paul disait que le nouveau sujet de l’Église c’est le Christ et non une interaction sociale. La communion avec Jésus au sein de l’Église, qui reflète la communion trinitaire, constitue une dimension missionnaire essentielle de cette dernière. Si le nom de l’Église ( une congégation, communauté chrétienne) n’est plus la communion fondée sur la personne de Jésus-Christ , elle cessera d’être témoin de l’unité pour le monde. L’unité de foi, du ministère, de mission évangélique sauve l’Église. Nous avons conclu ce chapitre consacré sur le Verbe divin comme fondement de l’Église en disant ceci : C’est le Christ qui est le modèle de la communion ecclésiale. Cette communion n’est pas un consensus des hommes mais un don de l’Esprit-Saint. Ce dernier est un Don qui éclaire l’Église et fait que l’Église éclaire le monde.
Le Logos divin et l’Église, voies du salut pour l’homme
Dans les chapitres précédents, nous avons parlé d’un lien indéfectible entre Jésus et l’Église. Dans ce dernier chapitre, nous voulons parler de l’affermissement conséquent de l’action conjointe de Jésus et de l’Église pour le salut de l’homme. Si Jésus et l’Église sont liés comme la tête et le corps, l’Église missionnaire porte l’identité prophétique. Ce qui nous donne les actifs de nous poser la question de savoir, quelle est la position de l’Église vis-à-vis du monde, de ses œuvres et de ses initiatives ? Nous avons formulé la thèse en disant que, notre monde a besoin de se dépouiller du vieil homme, l’homme du mensonge, de la structure du péché, de la technoscience sans éthique et morale, des tentatives de réformer la doctrine de l’Église et le relativisme des choses de Dieu.
Ensuite, le problème d’ aujourd’hui est que l’Église apparaît pour certains, comme un obstacle à la foi. On voit en elle une ambition humaine du pouvoir, la prétention d’administrer le christianisme qui engendre les tendances au cléricalisme et à la simonie, à l’hypocrisie, à la pédophilie, etc. De nos jours, dans les milieux ecclésiastiques et même de haut rang, on se méprend avec l’idée selon laquelle plus on participe aux activités de l’Église, plus on est chrétien. Dans le livre Appelés à la communion. Comprendre l’Église aujourd’hui, Joseph Ratzinger appelle cette attitude « une sorte de thérapeutie occupationnelle à l’échelon ecclésial »(cf. J. RATZINGER, Appelés à la communion. Comprendre l’Église aujourd’hui, p. 24). Avec ces impasses, nous courons le risque de prendre en compte les paroles de Guillaume d’Auvergne au XIIIè siècle qui disait que tout homme, à la vue de la dépravation de l’Église, devait se sentir glacé d’horreur. Hans Urs von Balthazar, théologien catholique, dans son article, casta meretrix, a dit que l’Église n’est plus une Épouse, mais un monstre effrayant, difforme et sauvage (Hans Urs von Balthazar parle de « chaste prostituée »: il situe au cœur du mystère de l’Église la tension entre le péché et la Sainteté). Joseph Ratzinger formule une question qui émeut le cœur de tout fidèle qui croit en vérité et aime l’Église. Il demande quelle réponse le chrétien est-il prêt à donner à ces défis existentiels de l’Église d’aujourd’hui ? Car il nous faut donner le témoignage de foi et dire pourquoi on arrive malgré tout à aimer cette Église, pourquoi on ose toujours encore reconnaître l’Église Sainte.
La tâche de ce troisième chapitre est d’analyser comment notre Christ en son Église est la voie du salut. La pensée théologique de Joseph Ratzinger montre de quelle manière notre existence peut être fondée sur le théocentrisme, comme Jésus lui-même est théocentrique afin de mener une vie morale fondée sur les vertus évangéliques. Par exemple la vie chrétienne ne doit pas être fondée sur un moralisme spartiate. L’éthique véritable est fondée sur l’amour et le lien avec Dieu, sur la miséricorde et le pardon de Dieu, ainsi que la capacité de pouvoir le transmettre généreusement aux autres. Il est plausible de reconnaître avant tout la sainteté de l'église qui ne depend pas des hommes mais du Seigneur et de sa Souveraineté (la Seigneurie de Dieu). Tout cela nous épargne de compter sur les utopies mais sur Dieu en vivant en harmonie dans le cosmos qu’il nous a donné pour cheminer vers lui. Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant nous est donné comme voie qui nous conduit vers la patrie céleste.
La dernière partie de ce chapitre parle de la foi en Logos divin dans les Églises africaines d’aujourd’hui. Pour l’homme africain, il s’agit de croire en tant qu’Africain sans pour autant se détacher de sa vraie identité. Il nous faut nous approprier le message évangélique que les Apôtres du Christ nous ont amené mais tout en sachant que notre relation avec Dieu n’est pas à réduire au système du mandat. Car on ne croit pas par procuration. Il est responsable de connaître avec conviction et précision pourquoi nous, Africains, avons accepté de nous tourner vers Dieu. Cela doit impliquer un thème qui consiste à nous parler de l’évangélisation qui libère l’homme africain de toutes les situations qui embrigadent les sociétés africaines. La question qui guette le chrétien africain de nos jours, est de savoir comment la théologie de l’Église peut parler de Jésus libérateur à l’homme africain.
A notre avis, tout devrait partir de la réalité d’initiation. En Afrique, surtout noire, l’initiation conduit à la maturité, elle donne la capacité de transformer la vie en société. C’est pourquoi la naissance en Jésus-Christ à travers le baptême, l’Eucharistie et la confirmation est la base solide pour se libérer du péché et du mal qui ronge la société (cf. Ga 2,19b-20). Le Christ a aussi brisé les chaînes de l’esclavage du péché ; il a annoncé aux pauvres une bonne nouvelle, aux captifs la délivrance, aux opprimés la liberté, la joie, la paix (cf. Lc 4,18 ; Phil 1,8-23 ). Selon François Kabasele, « la libération par le Christ vise l’homme total : La libération du péché est conjuguée à un effort de libération des conditions aliénantes de la vie sociale » ( cf.F. KABASELE, « L’au-delà des modèles », in J. DORE (dir.), Chemins de la christologie Africaine, Paris, Desclée, (1986) 204-228). Le message du Christ « fait sortir les hommes et les femmes d’une cellule de torture. Le Fils de Dieu ne peut pas rester indifférent devant l’esclavage et l’oppression d’autres hommes. François Kabasele nous fait un discours prophétique interpellant dans le contexte où les Africains vivent : C’est « en effet un non-sens que d’être à la fois chrétien et raciste, chrétien et oppresseur d’autres hommes »( cf.F. KABASELE, « L’au-delà des modèles », in J. DORE (dir.), Chemins de la christologie Africaine, Paris, Desclée, (1986) 204-228). D’où la nécessité pour l’Église en Afrique comme famille de Dieu d’insister sur la fraternité.
Aux termes de nos recherches en théologie qui ont porté sur « le Logos divin comme paradigme de croire et de l’Église chez le Cardinal Joseph Ratzinger », nous ne pouvons pas prétendre dire que nous avons épuisé la grandeur de la théologie de Joseph Ratzinger. Nous avons cherché à trouver dans ses ouvrages scientifiques et conférences , un contenu de l'éxplication sur la foi et son paradigme Jésus-Christ(Verbe divin), un amour qui nous seront utiles dans notre vie croyante pour l’Église, la société, pour la vie éternelle. Notre travail est utile aussi dans le partage de notre expérience de foi, d’espérance et de charité, mais aussi pour transmettre aux autres la doctrine de l’Église Catholique et la morale chrétienne à la lumière de la Parole de Dieu.



