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LE ZELE DE L’ENFANT : LA MISSION AU CŒUR DE TOUT AGE


La pertinence de l’annonce n’a pas d’âge limite, car être enfant peut aussi se traduire en zèle pour la mission universelle. Ayant accompagné l’étape butoir de l’enfance missionnaire au sein de notre communuauté du Théologat de Kinshasa, une trilogie nous semble probante pour dorer notre apostolotat : baptisé, envoyé et ne pas être trop petit.  Ces trois éléments transparaissent dans l’un des chants pour le concours de l’enfance missionnaire, tel qu’élaboré en octobre 2019. En effet, notre analyse fait remarquer un lien  fondamental et essentiel entre les trois éléments précités, parce que le baptême est essentiellement un envoi et, cet envoi concerne tout baptisé, y compris les enfants, dès lors qu’ils ont l’âge de la raison.  Est-il donc possible que  l’enfant de 7 ans par exemple,  soit acteur de la mission ?  Peut être quelqu’un se moquerait d’un enfant qui déclame : « Moi aussi, je suis missionnaire ! ». C’est dans cette optique que  l’Œuvre Pontificale de l’Enfance missionnaire nous rappelle que les enfants  peuvent être aussi des hérauts de la Bonne Nouvelle. Cela dit, dans ce papier, nous allons exposer succinctement le soubassement de l’Enfance missionnaire, sa contribution dans la mission universelle de l’Eglise et sa réalisation particulière au sein de notre communauté du Théologat, son lieu d’envol.  

  1. SOUBASSEMENT  DE L’ENFANCE MISSIONNAIRE

Après la résurrection, le Christ confie à ses disciples la proclamation de la Bonne Nouvelle : « Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle » (Mc16, 15). Bien qu’il y ait plus de deux mille ans que ce mandat missionnaire ait été donné aux Apôtres, il reste d’actualité et urgent. D’ailleurs, le Saint Père, Jean Paul II soulignait, au début de sa lettre encyclique Redemptoris missio : « la mission que le Christ a confiée à l’Eglise reste encore loin de son achèvement » (RM 1). D’où la nécessité de l’engagement de chaque baptisé, enfant, jeune, adulte, vieux et vieille à témoigner de l’amour de Dieu révélé pleinement en son Fils Jésus-Christ. Oui, dira l’Apôtre des Gentils : «Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » (1 Co 9, 16). C’est ainsi qu’au XIXe siècle, des hommes et des femmes s’approprièrent ces paroles de Saint Paul  et  s’engagèrent à la mission d’une manière particulière. Désormais, la mission n’est plus une affaire des prêtres et des religieux,  mais de tout baptisé, y compris l’enfant.  En effet, face aux défis de manque de soutien matériel des missionnaires, ces hommes et ces femmes ont constitué des associations pour la promotion de la mission universelle de l’Eglise,  lesquelles associations deviendront plus tard des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM). Ces OPM sont actuellement à quatre, notamment l’Œuvre de propagation de la Foi, initiée par la Bienheureuse Pauline Jaricot ; Œuvre de la Sainte Enfance, par Monseigneur Charles de Forbin-Janson ; Œuvre de Saint Pierre apôtre,  par Madame Jeanne Bigard ; et l’Union Pontificale du Clergé par Paulo Manna et Guido Maria Conforti.

Ces œuvres sont d’une importance capitale aujourd’hui dans la mission universelle de  l’Eglise comme le marquait  le Pape Benoit XV dans Maximum illud, repris par le Concile Vatican II en ces termes: «  Car c’est à ces œuvres qu’à bon droit doit être attribuée la première place, puisqu’elles sont des moyens pour pénétrer les catholiques, dès leur enfance, d’un esprit vraiment universel et missionnaire, et pour provoquer une collecte efficace de fonds au profit de toutes les missions, selon les besoins de chacun » (Ad Gentes38). Cependant, bien qu’elles soient d’une importance capitale dans l’activité missionnaire de l’Eglise, ces œuvres missionnaires sont moins connues comme le souligne le Pape François. D’où l’engagement de chaque baptisé pour la promotion des Œuvres pontificales missionnaires. Sur ce, focalisons-nous sur l’Enfance missionnaire.

  1. Brève histoire de l’Enfance missionnaire

 Tout commence par l’audace spirituelle et missionnaire d’une jeune fille,  Pauline Jaricot, récemment proclamée bienheureuse (le 2 mai 2022 par le Pape François).  A 20 ans, Pauline fut bouleversée par la misère qu’endurèrent les missionnaires envoyés en Chine et,  fonda une association pour répondre à ce besoin. Cette association deviendra plus tard l’Œuvre de la propagation de la foi en date du 3 mai 1822 avec un principe « une prière et un sou pour la mission ». Cette sainte intuition a été reprise par Monseigneur Charles de  Forbin-Janson, évêque de Nancy. Ayant été bouleversé par la misère et la pauvreté matérielle et spirituelle des enfants chinois, proposa aux enfants de France de l’aider à réaliser son rêve de faire sortir les enfants chinois dans leur indigence et leur annoncer l’Evangile. Les enfants de France ne tarderont pas à soutenir ces enfants de la Chine par un engagement d’un « Je vous salue Marie » par jour, et « un sou par mois ». C’était  en date du 19 mai 1843 que fut lancée cette semence de laquelle germera plus tard l’Œuvre pontificale de l’enfance missionnaire (Cf. A. Déloy et P. R. Dyèvre α C. Marsili, Devenir enfant missionnaire, Inedit,  Paris, OPM Paris, sd, p.2)

2.1. Objectif de l’enfance missionnaire

L’enfance missionnaire a l’objectif principal d’accompagner les enfants, les adolescents et les jeunes dans le développement d’un esprit missionnaire afin qu’ils parviennent à partager leur foi et leurs moyens matériels avec ceux qui en ont le plus besoin. En effet, cette œuvre les aide à comprendre qu’ils sont aussi capables de partager leur amitié avec le Christ à d’autres enfants par la prière et le partage. En outre, à travers cette œuvre, les enfants apprennent dès le bas âge le don de soi, la générosité, la fidélité à ses engagements. Ils font ainsi tout avec cette devise : « Les enfants évangélisent les enfants, les enfants prient pour les enfants, les enfants aident les enfants du monde » (https://www.opm-france.org/enfants-et-jeunes-missionaires/ consulté le2janvier2023 à 12h23). Cette devise est résumée en trois P de l’enfance missionnaire « Parler (évangéliser), Prier et Partager) ».  Notons aussi qu’après une période non négligeable de formation, les enfants procèdent par des engagements (en portant le foulard) qui méritent le sérieux de leur mission : la prière pour un diocèse que le Pape confie à chaque engagé et, cela selon les continents, ainsi que la capacité de cultiver l’esprit de partage et d’annonce du règne de Dieu.

  1. LES PETITS MISSIONNAIRES AU SEIN DU THEOLOGAT SX DE KINSHASA

 L’Enfance missionnaire a pratiquement commencé  dans notre communauté du théologat, le 2 Janvier 2022 avec l’activité des « chanteurs de l’étoile ».  Elle a été initiée dans le cadre de l’animation missionnaire, un des aspects les plus importants du Charisme de notre Famille religieuse et missionnaire, en syntonie avec le programme des OPM de l’Archidiocèse de  Kinshasa. En effet, une expérience annuelle nous témoigne aujourd’hui qu’il est possible que les enfant deviennent des missionnaires. Certains enfants baptisés ont dit oui à la mission du Christ, le 26 juin 2022 après une certaine préparation. Signalons au passage que les enfants partagent leur argent de poche qui nous a aidé, entre autres,  à effectuer une visite dans l’un des orphelinats  de la place. Les enfants missionnaires  ont  réalisé une vidéo d’animation missionnaire qui est  publiée sur la page You Tube, Théologat des missionnaires xavériens en RDC ; et également l’activité des chanteurs de l’étoile réalisée le 26 décembre 2022 en apportant l’Enfant Jésus dans les familles en leur souhaitant les meilleurs vœux 2023

En somme, les enfants que nous encadrons deviennent de plus en plus conscients de leur apostolat et se sentent à l’aise dans sa réalisation. Force est de constater que leur apport à la mission  n’est pas à négliger, mais à soutenir et à promouvoir.