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La catéchèse, don de Dieu pour devenir chrétien


Je suis NTAHOMVUKIYE Élias SX, de la communauté du Théologat Xavérien de Kinshasa (R. D. Congo). Je suis originaire du Burundi. Arrivé à Kinshasa en fin octobre  de l’année 2020, cherchant à m’insérer dans ma communauté, la question qui occupait la grande partie de mon cœur était de savoir « que ferai-je ici pour contribuer à la mission de l’Église ? » Depuis l'an dernier, mes supérieurs et formateurs  m’ont envoyé en mission catéchétique auprès des enfants désireux de recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne. C’est dans notre paroisse missionnaire de Saint Bernard. Au fil du temps, cette question a changé de forme. À présent, il s'agit d'essayer de réaliser fidèlement l'apostolat qui m'a été confié. Que puis-je apprendre des laïcs ou des prêtres expérimentés en pastorale ? En effet, je suis convaincu que le baptisé est déjà envoyé d'une certaine façon. En outre, les Pères conciliaires parlent profondément de l'apostolat des laïcs, en déclarant que, « la vocation chrétienne est aussi par nature la vocation à l’apostolat »(Apostolicam actuositatem (Aa) 2 ). Maintenant, il me revient de participer à la mission de l'Eglise en formant ceux qui s'apprêtent à recevoir et à vivre le sacrement de la Communion. Dans mon apostolat, mon regard est tourné vers l'acquisition du sens missionnaire comme possibilité de  maturation religieuse et missionnaire.

I. Le sens missionnaire profond

La mission qui nous est donnée au baptême, exige à la fois responsabilité et participation active. Je crois que l'utilité de cette attitude sert à développer ou à acquérir un sens missionnaire approprié.  Elle devient une aptitude particulière exercée ou à exercer pour percevoir la dimension missionnaire de l’Eglise. Dès le début de ma présence à la catéchèse avec les petits enfants, j’ai eu l’intérêt de chercher à découvrir les potentialités missionnaires. La méthode pastorale de la paroisse m’a beaucoup plu. Particulièrement, celle du  curé de la paroisse (Père Rino Benzoni, SX), lorsqu’il introduit la catéchèse afin de raffermir la foi et les dévotions spirituelles des candidats. En effet, le Père Curé  joue un rôle primordial dans la formation de ces candidats à la prière et à la Parole de Dieu. Le regard porté sur l'esprit d'amour et de zèle qui anime cette méthode montre déjà un sens missionnaire profond et visible. Puis, les catéchistes de la paroisse poursuivent l’apostolat selon le programme de l’Archidiocèse. L’élan missionnaire avec lequel ils dispensent la sainte doctrine chrétienne ne me laisse pas indifférent. En plus, leur esprit d’effort pastoral et de collaboration unanime fait avancer le programme des enseignements en bonne et dûe forme. L'ensemble de ces témoignages contribue à ma formation et à mes convictions missionnaires.  Cependant, il y a des défis, selon moi, qu’il ne faudrait pas relativiser car nous décelons dans cette pastorale les cas d’enfants qui suivent la catéchèse sans soutien spirituel de la part de leur famille.  Les causes de cette problématique dépendent de la famille, soit parce qu'elle n'est pas entièrement catholique, soit à cause de son indifférence religieuse. Aujourd’hui on est catholique et demain on ne l’est plus, ou bien l’un des parents ou tuteurs  participe désormais aux cultes des sectes.  La même situation  se présente lorsqu’il y a des divorces ou autres motifs  au sein des familles de notre Paroisse. Cela crée la confusion dans le chef des candidats aux sacrements. Ils ont la volonté, et le courage de vivre l'expérience chrétienne, mais ils ne sont pas encouragés ni bien suivis. Il s’entrevoit donc un danger  dans l'avenir de la vie chrétienne de ces enfants que nous formons.  A mon avis, pour constituer l'identité chrétienne des candidats aux sacrements, la vie spirituelle des parents devrait aussi être renforcée et encouragée.

II. Le rôle de cette expérience dans ma vie religieuse et missionnaire

Je ressens la joie de vivre une telle expérience avec détermination et dévouement. Mon point de départ a toujours été ce que j’ai moi-même appris à partir du prologue du Catéchisme de l’Église Catholique. La doctrine est exprimée en ces termes : « Dieu a créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse, il l’appelle, l’aide à Le chercher, à Le connaitre, à L’aimer de toutes ses forces et Le servir afin d’hériter la vie éternelle »(CEC,1). Au moment de la causerie, moment indispensable dans l’enseignement catéchétique, j’expérimente le déploiement de ce projet du Seigneur dans l’esprit de l’homme. Les enfants connaissent déjà que  le Créateur est la finalité ultime de leur existence. Ceux qui sont bien suivis ne sont pas seulement éveillés, mais aussi courageux et dévoués.  En  écoutant  les réflexions et les questions qui manifestent  leur besoin spirituel, je réalise qu’ils cherchent à découvrir comment connaître religieusement ce Créateur, l'aimer et le servir.  Ceci s'inscrit dans notre vocation apostolique de les aider à y parvenir. Mais pourvu que l'on soit vraiment ceint de l'amour du Christ, de patience et de zèle apostolique. Voilà pourquoi je dis que  c’est une occasion qui me sert à faire progresser ma vocation missionnaire et religieuse.

En effet, cette expérience m’offre, la possibilité de mettre en pratique la formule que depuis longtemps je lisais dans mon livre de poche intitulé « la religieuse éducatrice du sens missionnaire »: voir, évaluer et juger. Effectivement, ce guide conseille d’avoir, d’abord, un excellent souvenir qui serve d’éveil à la réalité missionnaire, c'est-à-dire  de « voir ». Puis, d’avancer avec une réflexion sur l’action missionnaire pour « juger » ou « évaluer ».  Et, enfin, d’avoir une coopération efficace à l’œuvre du missionnaire dans « l’agir »(Jean PIHAN f.c, la Religieuse éducatrice du sens missionnaire Fleurus, Paris 1963, p. 41.).  Pourquoi me suis-je référé à  cette formule ? Comme indiqué précédemment, c'est parce qu'il existe une sorte de laxisme, de relativisme ou même de négligence parmi les parents des candidats aux sacrements. Il nous faut donc un œil qui voit, et une intelligence de la foi qui nomme la problématique et qui cherche aussi à y répondre malgré nos capacités limitées.

En somme, cette expérience m'aide à grandir dans mon être  missionnaire en faisant tout pour partager avec les enfants l'histoire de l'économie du salut.  Je note que, sans un bon sens missionnaire, nous risquons de réduire l’apostolat qui nous est confié à un l'accomplissement superficiel de la tâche catéchétique, ou à un laboratoire qui diffuse uniquement des matières théoriques sans incidence sur la vie des enfants, plutôt qu'à l'annonce explicite de l'Evangile. Cela bouleverserait dangereusement  l'idéal même de la vie missionnaire et de la vie religieuse.