Accéder au contenu principal
Partager cet article

Cameroun-Tchad : « Les chrétiens ne sont pas de désœuvrés dans le monde »


 Le père Ulrich Mokam Saa est missionnaire Xavérien camerounais. Actuellement, il est en mission dans la région Cameroun/Tchad. Dans la région, il est en charge de l’Animation Missionnaire et Vocationnelle et du laïcat Xavérien . Au niveau de l’archidiocèse de Douala, il est membre de la commission diocésaine de l’animation missionnaire depuis trois années déjà. Dans cet interview avec Louis Bira, coordinateur du Centre d’Etudes Africaines de missionnaires xavériens, le père Ulrich partage son expérience missionnaire dans l’archidiocèse de Douala. Pour pérenniser l’expérience du lien entre le baptême et la vocation missionnaire, il  emploie cette belle formule : « Les chrétiens ne sont pas de désœuvrés dans le monde ». Ils ont une mission à accomplir dans le monde, dit-il, celle de faire connaître Jésus-Christ.  

  Louis BIRA ( LB) : La Journée Missionnaire Mondiale ou Journée Mondiale des Missions sera célébrée ce 18 Octobre 2020. Quelles sont les activités que vous comptez organiser ?

Ulrich MOKQM SAA ( UMS) :  Durant la rencontre diocésaine que nous eûmes le 14 Septembre dernier, il fut décidé que plusieurs activités en vue d’animer l’archidiocèse sur la conscience missionnaire. En effet, nos activités ont été réparties sur  quatre principaux aspects : les entretiens sur la mission, les témoignages de vie missionnaire, les veillées missionnaires organisées dans les paroisses de l’archidiocèse et les conférences.

LB : Quels sont les objectifs que visent vos activités ?

UMS : L’objectif premier est d’éveiller la conscience missionnaire des chrétiens de notre diocèse. Il s’agit de rappeler que la vocation chrétienne est fondamentalement missionnaire et que tout baptisé doit être missionnaire. Ensuite, de mettre les chrétiens en situation de mission à travers une série d’activités missionnaires telles que la visite aux malades, aux prisonniers, aux marginaux, le partage des expériences missionnaires, la collaboration matérielle pour soutenir les œuvres missionnaires et la prière. Enfin, nous voulons nous servir des réseaux sociaux pour parler de la mission afin de toucher le plus grands nombre de personnes et de former progressivement un réseau de missionnaires sur la toile.

LB : Quelle collaboration existe-t-elle entre le service d’animation missionnaire des Missionnaires xavériens et celui des Œuvres Pontificales Missionnaires au niveau diocésain ?

UMS : Il existe une bonne collaboration entre le service d’animation missionnaire des Missionnaires Xavériens et celui des Œuvres Pontificales Missionnaires au niveau diocésain. Car nous, les Missionnaires Xavériens, nous faisons partie de la commission diocésaine de l’animation missionnaire. Cette position nous permet de collaborer avec les structures diocésaines de l’animation missionnaire. Ensemble, comme dans une équipe,  nous faisons des rencontres, des réunions de programmation, de suivi et d’évaluation, des émissions sur les médias du diocèse.

LB : Nous célébrons cette année la Journée Mondiale Missionnaire dans un contexte marqué par la pandémie du Covid-19. Quel impact cette situation aura-t-il sur l’organisation de vos activités ?

UMS : A vrai dire, les activités ont régulièrement repris dans notre diocèse après un temps d’arrêt dû à cette pandémie. Visiblement, cette dernière s’est considérablement affaiblie ici à Douala grâce, dans une large mesure, au protocole de soin et de prise en charge mis sur pieds par l’archevêque. Ce qui nous fait supposer que mêmes les activités liées à la Journée Mondiale Missionnaire vont suivre leur train normal. Du moins, c’est ce que nous espérons.

LB : Le thème de  la Journée Missionnaire Mondiale de l’année passée : « Baptisés et envoyés : l’Église du Christ en mission dans le monde » avait mis en évidence le caractère fondamentalement missionnaire de l’Eglise et de tout baptisé. Comment pensez-vous pérenniser cet héritage ?
UMS : Nous entendons pérenniser cet héritage en insistant surtout sur la l’identité missionnaire de tout baptisé. Nous pensons que ce ne sera jamais assez de dire et de rappeler à temps et à contre temps que l’identité chrétienne est missionnaire. L’Eglise naît, vit et existe pour la mission. Les chrétiens ne sont pas désœuvrés dans le monde : ils ont une mission à accomplir, celle de faire connaître Jésus-Christ toujours et partout.

LB : Un des objectifs de la Journée Mondiale Missionnaire est de Stimuler la coopération et l’aide matérielle et financière pour les missions afin d’offrir à  l’Eglise des moyens pour soutenir ceux qui sont dans le besoin à travers le monde. Concrètement, comment envisagez-vous atteindre cet objectif ?

UMS : - A travers la sensibilisation. A ce niveau, nous avons déjà informé les fidèles, via la radio diocésaine qu’ils seront invités par leurs pasteurs à faire des quêtes pour les œuvres missionnaires au moment opportun.

- A travers l’organisation des quêtes pour les Œuvres Pontificales Missionnaires

LB : Informer sur la situation des chrétiens dans le monde est un autre objectif de la Journée Missionnaire Mondiale. On sait qu’une partie du Cameroun (Les Régions du Nord-Est) font face à une situation d’instabilité au niveau sécuritaire. Comment vivent les populations dans ces régions ?

UMS : Les populations de ces régions connaissent des troubles graves liés aux exactions des radicaux de la secte islamiste Boko-Haram. Beaucoup se sont déplacés pour fuir la mort ; d’autres par contre vivent sur place dans la peur. Heureusement, elles sont soutenues par l’Etat, l’Eglise, les communautés croyantes non-chrétiennes et les ONG à caractère humanitaire. Cependant, ce soutient reste encore insuffisant. D’où il faut faire encore plus !

LB : L’Eglise catholique du Cameroun ordonne chaque année un bon nombre des prêtres diocésains. Comment évaluez-vous sa sensibilité missionnaire en termes d’envoi des prêtres diocésains en mission dans d’autres diocèses d’Afrique et ceux d’Europe ?

UMS : Certains diocèses comme celui de Douala envoient des prêtres dans d’autres diocèses pauvres en prêtres à l’intérieur du Cameroun et à l’extérieur. Depuis plusieurs années, un bon nombre de prêtres ordonnés à Douala sont envoyés comme fidei donum dans d’autres diocèses. A l’heure actuelle, le diocèse de Douala compte vingt prêtres fidei donum répartis comme suit :

  • 15 prêtres à l’intérieur du Cameroun
  • 5 prêtres à l’étranger