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Père Ignacio Martinez : Un xavérien prédicateur à Notre Dame de Paris


Ouverte au public le 07 décembre, après son innovation qui a suivi l’incendie de 2019, la mythique cathédrale Notre - Dame de Paris a accueilli la célébration liturgique de Notre Dame de Guadalupe qui a lieu le 12 décembre. Vénérée de manière particulière par le peuple mexicain et l’ensemble des chrétiens de l’Amérique latine, la Guadalupana a rassemblé une foule immense venant du Mexique, des pays hispanophones et plusieurs chrétiens d’autres pays du monde dans une Notre - Dame rénovée magnifiquement à l’identique. De cette façon, la Cathédrale a manifesté sa vraie identité et sa vocation. « Elle est un bien universel, car elle est le bien de tous. Elle est catholique comme l’est l’Église » a dit le recteur, Mgr Ribadeau Dumas dans son mot d’introduction à la messe. En plus de la présence de l’ambassadrice du Mexique en France et du consul mexicain à Paris, de notre confrère mexicain Gabriel Arroyo, webmaster de la congrégation; un autre invité de marque était le missionnaire xavérien d'origine mexicaine Ignacio Martinez, dit père Nachio. Il a été le prédicateur du jour. Dans une homélie délivrée avec une vivacité typiquement mexicaine, le confrère, en partant du récit de la visitation et de la rencontre de la Vierge Marie et sa cousine Elizabeth (Lc 1, 39 – 47) a invité l’assemblée à voir « dans la rencontre de ces deux femmes bibliques la naissance d’une catéchèse de la communication : Marie salue et Elisabeth reçoit avec joie ». « Se saluer à la manière de ces deux pédagogues est une bénédiction et un don ». Il a exhorté l’assemblée à ressembler Marie en la prennant comme modèle de missionnaire. Car a conclu le prédicateur xavérien : « Marie nous enseigne à être des missionnaires dans la joie, une joie clairement évangélique ».

Voici l’intégralité du texte de son homélie 

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CÉLÉBRATION DE NOTRE-DAME DE GUADALUPE

12 décembre 2024, Cathédrale Notre-Dame de Paris

Luc 1, 39-47

Aujourd'hui, à la Basilique de Tepeyac, au Mexique, on célèbre solennellement Notre-Dame de Guadalupe, vénérée comme Reine du peuple mexicain et Patronne de l'Amérique Latine. Tout le continent américain, du nord jusqu’à la Patagonie, comme sa Patronne bien-aimée, et nous, hispanophones et non hispanophones de tant de coins du monde, la célébrons aussi comme notre vénérée et très chère "Guadalupana".

Ici, à Paris, la célébration de ce jour dans le cadre de la récente réouverture de cette magnifique, splendide et emblématique cathédrale réunit fraternellement des personnes de divers pays. Nombre d'entre nous, disciples du Christ et de Marie, ainsi que de nombreux visiteurs de cette ville, se sentent sûrement très honorés d'être ici. Nous nous sommes réunis, en tant qu'enfants de Marie de Guadalupe, pour vénérer son nom. Ce n'est pas en vain que l'Esprit Saint l'a inspirée à prononcer ces paroles prophétiques: « Toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1,48).

Dans le contexte de cette célébration, je vous invite à implorer, par l'intercession de Marie, une bénédiction spéciale sur toutes les personnes qui ont généreusement contribué à la rénovation de cette cathédrale, dont la restauration a duré plus de cinq ans. Grâce à eux, nous pouvons célébrer cette messe solennelle en si peu de temps.

La liturgie de la Parole accompagne et éclaire toujours les grands et petits événements de notre vie. Comme disait le pape saint Jean-Paul II : « La Vierge de Guadalupe reste encore aujourd'hui le grand signe de la proximité du Christ, en invitant tous les hommes à entrer en communion avec Lui pour avoir accès au Père. En même temps, Marie est la voix qui invite les hommes à la communion entre eux… » Le Christ, avec sa Parole, marche avec nous, et Marie, « Maîtresse de l'écoute » (« Qu'il m'advienne selon ta parole » Lc 1,38) nous enseigne à être attentifs, comme de bons disciples, à l'écoute du Maître Jésus.

Dans l'Évangile de Luc que nous venons d'entendre, l'attitude de Marie nous interpelle profondément sur la manière de nous relier à Dieu, de communiquer entre nous et d'annoncer la Bonne Nouvelle.

Nous avons entendu que Marie se met en route, se rend avec empressement (vite, rapidement, dit Luc) à la rencontre de sa cousine Élisabeth : elle marche de la ville de Nazareth aux montagnes de Judée, peu importe les distances à parcourir, les risques à affronter et les fatigues du voyage. Elle part comme une bonne missionnaire et une excellente annonciatrice, porteuse d'une Bonne Nouvelle. Elle se met en chemin pour servir celui ou celle qui a besoin d'elle.

De la rencontre de ces deux femmes bibliques naît une catéchèse sur la communication, une catéchèse sur la salutation. Marie salue et Élisabeth reçoit avec joie ce salutation. Quel est le contenu de mes salutations ? Quand je salue, que communique ou transmet-je ? « Dès qu'Élisabeth entendit le salut de Marie, l'enfant tressaillit de joie en elle. » Dans cette communication, le langage verbal et le langage corporel s'entrelacent merveilleusement. La salutation de Marie est si profonde qu'il fait tressaillir l'enfant dans le sein de sa mère. C'est étonnant de voir que la première réponse vient de cette créature fragile : l'enfant tressaillit de joie à cette rencontre.

Le texte de la visite de Marie à Élisabeth nous offre l'archétype de notre apprentissage dans le monde de la communication : un don que nous possédons et que nous pouvons mettre en évidence à tout moment. Se saluer à la manière de ces deux pédagogues est une bénédiction — un don.

« Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint. » Cette phrase contient également une catéchèse extraordinaire qui émerge à la lumière de la salutation. Elle nous parle du contenu, de ce que je communique à travers mes salutations. Élisabeth est remplie de Dieu. La Vierge Marie, dans son dialogue avec l'Archange Gabriel, est proclamée « pleine de grâce » : « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28). Il s'agit d'une grâce qui ne peut rester contenue en elle ; elle doit être partagée car elle est spéciale.

La grâce est l'ensemble des dons de Dieu, naturels et surnaturels, qu'Il nous offre généreusement dans sa miséricorde. Si nous sommes disciples à la manière de Marie, nous portons grâce et dons à ceux qui en ont besoin. En obéissant à la Vierge de Tepeyac, Juan Dieguito permet à son oncle Juan Bernardino de trouver le don de la santé. Rendons heureux ceux qui sont dans la détresse.

Ayons aujourd'hui une pensée spéciale pour tant de frères et sœurs qui souffrent des situations très difficiles, que ce soit à cause des guerres dans différentes parties du monde, ou à cause de catastrophes naturelles — comme à Valence. Prions pour tous ces frères et sœurs afin qu'ils trouvent consolation et force pour surmonter ces douloureuses expériences. Que notre prière et notre solidarité soient proches d'eux.

Heureuse celle qui a cru ! Ce troisième élément est propre et présent du début à la fin de l'Évangile. Il s'agit de la joie que procure la foi. Aujourd'hui, Marie est proclamée heureuse, les disciples reviennent heureux d'avoir annoncé la Bonne Nouvelle, les disciples d'Emmaüs retournent contents à Jérusalem, etc. Aujourd'hui, nous sommes très heureux. Notre foi nous a conduits dans cette cathédrale chargée d'histoire, la maison de Notre-Dame de Paris. C'est pourquoi notre foi en Dieu et en Marie doit être caractérisée par la joie de Dieu.

« N'aie pas peur, ne suis-je pas ici, moi qui suis ta mère ? » Ce sont les paroles de la Vierge de Guadalupe à saint Juan Diego. Aujourd'hui, elles résonnent avec insistance dans cette célébration. Frères et sœurs, n'ayons pas peur d'imiter notre Mère du Ciel. Nous avons entendu tant de fois que les enfants ressemblent à leur mère. Dans le miracle ‘guadalupano’, elle a pris les traits de saint Juan Diego et, en lui parlant dans sa langue maternelle, elle lui a assuré sa présence inconditionnelle.

Efforçons-nous de lui ressembler, surtout dans ces trois attitudes : la salutation, le contenu de nos salutations, et la manière de communiquer et de partager la grâce ou les grâces de Dieu. Marie nous enseigne à être missionnaires dans la joie, une joie clairement évangélique. Heureux ceux qui ont cru. Sur le ‘tilma’, la Vierge de Guadalupe reflète dans ses yeux son cher fils Juan Diego. Notre Mère nous regarde ! Quelle grande responsabilité cela implique ! — Mère, je voudrais que dans tes précieux yeux se reflètent uniquement des choses bonnes, comme le respect, la compassion, la piété et l'obéissance de saint Juan Diego.

Prions aujourd'hui devant Notre-Dame de Guadalupe. Demandons-nous : que faisons-nous autour de nous ? Nous inquiétons-nous de rapprocher nos proches et amis de Jésus-Christ ? Profitons-nous de chaque occasion pour parler avec courage de la foi que nous portons dans nos cœurs ? Posons-nous la question de savoir si nous prenons au sérieux notre formation chrétienne, dont dépend parfois celle de ceux qui nous entourent, et si nous collaborons et soutenons des actions visant le bien commun. Nous savons que Dieu multiplie toujours le peu ou le beaucoup que nous offrons.

Supplions Notre-Dame de Guadalupe de se montrer comme une Mère compatissante envers nous, de faire de nous des annonciateurs de l'Évangile, et de nous apprendre à comprendre tout le monde, en partageant leurs joies et leurs espérances.

Vive la Vierge de Guadalupe. Vive!