
Sierra Leone : Des jeunes missionnaires pour les jeunes
Noah Onguéné François est un missionnaire xavérien de nationalité camerounaise. Après une expérience missionnaire en Italie, il a été envoyé en mission en Sierra Leone depuis 2017. Actuellement, il est vicaire à Holy Martyrs of Uganda Parish à Kabala au Nord du pays. En plus, il est chargé des écoles, de la pastorale des jeunes et du service de l’animation missionnaire et vocationnelle. Dans cet interview avec Louis Bira, coordinateur du Centre d’Etudes Africaines (CEA) de missionnaires Xavériens, il nous dit comment pour éveiller l’esprit missionnaire parmi les jeunes, ils ont initié une expérience pastorale dite : « Youth, missionaries for the youth », Jeunes missionnaires pour les jeunes.
- Louis Bira (LB) : La Journée Missionnaire Mondiale ou Journée Mondiale des Missions sera célébrée ce 18 Octobre 2020. Quelles sont les activités que vous comptez organiser ?
Noah Onguéné François ( NOF) : Concernant la journée Missionnaire mondiale nous comptons organiser les activités suivantes avec les jeunes qui couvriront tout le mois et non une seule journée
- Une retraite sur le sens de la mission dans laquelle nous mettrons un accent particulier sur les 70 ans de notre présence en Sierra Leone. En même temps, nous fournirons du matériel aux jeunes pour leur expédition missionnaire qui se fait tout au long du mois d’octobre dans certaines écoles et secteurs de la paroisse.
- Formation des groupes de trois pour une expédition missionnaire dans des écoles et les secteurs de la paroisse malgré le Covid-19.
- Une veillée Missionnaire le 17 octobre dans laquelle interviendront les personnes qui ont rencontré les premiers Xavériens dans la province de Koinadugu au Nord de la Sierra Leone.
- Le 18 Octobre Nous vivrons la célébration proprement dite et dans l’après-midi, match de football pour l’occasion.
- LB : Quels sont les objectifs que visent vos activités ?
NOF : Nos activités visent plusieurs objectifs :
- Aider nos jeunes à découvrir la mission et s’imprégner des difficultés de celle-ci;
- Faire connaître les premiers missionnaires Xavériens aux nouvelles générations de Sierra Léonais;
- Les rendre eux-mêmes missionnaires à leur niveau dans leurs villages et leurs écoles et partager la mission avec les jeunes de leur âge;
- Nous espérons découvrir aussi certaines vocations missionnaires, religieuses ou sacerdotales.
- LB: Quelle collaboration existe-t-elle entre le service d’animation missionnaire des missionnaires xavériens et celui des Œuvres Pontificales Missionnaires au niveau diocésain ?
NOF : A dire vrai, la collaboration entre les deux service n’est pas très claire ici.
- LB : Nous célébrons cette année la Journée Mondiale Missionnaire dans un contexte marqué par la pandémie du Covid-19. Quel impact cette situation aura-t-il sur l’organisation de vos activités ?
NOF : En effet, la présence du Covid-19 nous a obligés à réduire nos activités en privilégiant les activités en petit groupe. Aussi, nous avons abandonné les rencontres avec les autres groupes des paroisses environnantes telles que la paroisse Sts. Pierre et Paul de Fadugu à 40 km de Kabala, la Paroisse de Kamabai à 80 km et la paroisse de Mongo à 120 km. Toutefois, pour ne pas sombrer dans le désespoir, nous avons privilégié les activités où le rassemblement des enfants.
5. LB : Le thème de la Journée Missionnaire Mondiale de l’année passée : « Baptisés et envoyés : l’Église du Christ en mission dans le monde » avait mis en évidence le caractère fondamentalement missionnaire de l’Eglise et de tout baptisé. Comment pensez-vous pérenniser cet héritage ?
NOF : En paroisse et surtout avec les jeunes, nous avons commencé le concept de « jeunes, missionnaires pour les jeunes » (Youth, missionaries for the youth ». Avec ce concept, nous avons lancé une tradition. Celle-ci consiste à envoyer les jeunes pour aller annoncer la Bonne Nouvelle à d’autres jeunes de leur âge dans des écoles ou les secteurs de la paroisse durant le mois missionnaire. Ainsi nous les divisons en petits groupes de six personnes et chaque groupe est en charge d’une école et un secteur de la paroisse.
6. LB : Un des objectifs de la Journée Mondiale Missionnaire est de Stimuler la coopération et l’aide matérielle et financière pour les missions afin d’offrir à l’Eglise des moyens pour soutenir ceux qui sont dans le besoin à travers le monde. Concrètement, comment envisagez-vous atteindre cet objectif ?
NOF : La paroisse de Kabala est parmi les cinq premières paroisses dans le Diocèse de Makeni en termes de contribution. Je profite de cette occasion pour saluer les confrères qui ont mis sur pied ce système. En effet, il consiste à faire la collecte dans toutes les secteurs de la paroisse et dans toutes les écoles Catholiques pour les œuvres pontificales missionnaires. En même temps, tous les groupes de la paroisse en font autant. Nous comptons continuer dans cette lancée.
7. LB : Informer sur la situation des chrétiens dans le monde est un autre objectif de la Journée Missionnaire Mondiale. La Sierra Leone est un pays où les chrétiens sont une minorité. Comment jugez-vous les rapports entre chrétiens et musulmans ?
NOF : La situation de la Sierra Leone peut être qualifiée d’exceptionnelle. En effet, bien qu’étant un pays en majorité musulmane, la collaboration entre chrétiens et musulmans est très pacifique. La célébration du mariage par exemple est un symbole dans lequel dans certains cas on célèbre chez les chrétiens en premier et en dernier chez les musulmans ou vice versa. Nous, en tant que chrétiens, possédons les écoles dans certaines communautés musulmanes sans pour autant créer d’animosité entre les deux communautés. Toutefois, il y a un léger changement qui est en train de s’opérer et qui inquiète. En effet, un certain groupe de musulmans un peu plus fanatique prend progressivement le contrôle de certaines mosquées et le comportement de certains de leurs fidèles en découle avec un plus de radicalisme. Cependant, le Nord de la Sierra Leone qui constitue le bastion de l’islam pour l’instant reste pacifique. Nous prions que cette attitude demeure et se perpétue. Que Dieu protège ce joli pays dit affectueusement « Mama Salone ».



