
Au rythme des tambours : la joie d’une nouvelle vie au Burundi
Dans la culture burundaise, la naissance est un événement célébré à travers des rituels et des festivités intimes combinant la musique, la danse, les berceuses, etc. La venue du nouveau-né est considérée comme une richesse non seulement pour la famille biologique mais aussi, beaucoup plus, pour la société. Dans notre culture la culture, quand le moment d’accouchement approche, la femme est libérée de certaines activités occasionnant la fatigue. Ainsi, le mari et l’entourage restent éveillés pour que dès la réalisation des signes immédiats d’accouchement, ils cherchent des sages-femmes « ABAKIRIZI ».
L’accueil du nouveau-né
Après la naissance, quelques rites sont observés en faveur de lui. Certaines pratiques existent toujours, d’autres sont disparues surtout dans des grandes villes. Il y a d’abord le rituel de « Kwereka umwana uburundi» c’est -à-dire l’acte de montrer le pays au nouveau-né. Cette pratique consiste à faire assoir le nouveau-né sur le vanne ( urutaro) afin que le père de l’enfant l’élève en disant: «Ndakweretse uburundi n’abarundi» ce qui se traduit « je te montre le Burundi et les Burundais ». Pendant cette célébration rythmée par des chants, on demande à la mère de l’enfant ce qui suit «mpera nkwereke umwana»: récompense-moi et je te montre où se trouvent l’enfant.
Quelques semaines après, on observe le rite qui consiste raser les cheveux du bébé, «Kumwa invanda». Après, on dépose l’enfant pour la toute première fois sur le dos de sa mère « uguhekereza» signifiant qu’elle peut commencer à vaquer progressivement à ses activités quotidiennent qui ne demandent pas plus d’efforts.
La sagesse burundaise affirme que « Umwana si uwumwe» (L’enfant n’appartient pas à une seule personne). Les Burundais sont aussi convaincus que«Umuvyeyi asa n’uwundi (les parents se ressemblent». D’après ces deux dictons, les célébrations autour de la naissance ne se limitent pas à la famille restreinte ; mais les amis, les voisins, et les membres de la famille des parents sont invités à partager la boisson et le repas festive. Les voisins et les amis offrent des cadeaux favorisant la cohésion sociale et la santé de la mère comme «indeshi». Le terme «indeshi» renvoie aux vivres et boisson donnés aux femmes qui ont mis au monde. Il est conseillé que ces femmes se nourrissent des aliments doux comme par exemple la banane (agatoki koroshe ) (impeke itarahwana (la boisson de sorgho non encore fermentée).
L’attribution des noms aux jumeaux
Dans l’attribition des noms, l’enfant qui est né en premier lieu porte le nom de « Bukuru» (le plus grand/la plus grande), celui en deuxième lieu est nommé « Butoyi» ( le petit, la plus petite). Ces noms restent invariables tant aux jumeaux qu’aux jumelles. Dans la naissance qui vient après les jumeaux, l’enfant aura le nom préetabli de Ciza et après Ciza vient Nkurikiye, etc.
Les berceuses et leurs fonctions
La mère, consciente de sa responsabilité, utilise des berceuses appelées « Ibihozo, Guhoza umwana » pour apaiser le nourrisson et lui transmettre des messages variés. Cette mélodie douce permet à la mère d’exprimer son état d’âme, de révéler à l’enfant les relations d’amitié ou d’inimitié qui existent dans l’entourage sans oublier de le mettre au courant des règles et des valeurs sociales.
En somme, les fêtes liées à la naissance révèlent l’attachement du peuple burundais à la sacralité de la vie humaine et à la procréation. La joie qui s’extériorise via la poésie, les chants, les danses, l’interaction sociale, les berceuses, participe à la construction de l’identité culturelle non seulement du nouveau-né mais aussi de l’entourage tout en renforçant la cohésion familiale et communautaire.
Sources
Expérience personnelle
Jimbere Magazine



