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Quelle religion est la meilleure ?


En ces jours du conflit israélo-palestinien, irakien, libyens, syrien, centrafricain, etc. il nous échoit d’interroger l’imaginaire collectif sur le sens de la religion mis en rapport avec le droit universel reconnu à tout Homme. Guillaume Postel, connaisseur du grec (représentant le monde chrétien), de l’hébreu (représentant le monde juif) et de l’arabe (représentant le monde musulman) comme s’il s’agissait pour lui d’autres langues maternelles ; il rêve de l’unité religieuse de la terre, chose qu’il croit possible grâce au caractère rationnel des vérités révélées.

Hostile aux protestants qui rompent l’unité communautaire et au catholicisme autoritaire issu de la contre-réforme après le concile de Trente, Guillaume Postel voit le salut dans l’origine oubliée de toutes les religions qui selon lui est la raison. 

Quant à Jean Bodin dans sa profession de foi humaniste, il va jusqu’à soutenir qu’il existe une croyance naturelle commune à tous les peuples, qui transcende les formes particulières où (pour leur malheur) les hommes restent accrochés, et qui constitue l’unité morale de l’univers. D’après lui, il y a lieu d’extraire dans toutes les religions un contenu commun qui serait la religion universelle. Du coup, poursuit-il, il faut supprimer les dogmes et affirmer de vive voix l’existence de Dieu et la pratique des vertus morales, au premier rang desquelles, la tolérance. Le dogme étant par définition une vérité de foi, peut-on le supprimer et continuer à être dans la vérité ? 

Le conflit actuel d’Israël et de la Palestine nous donne à penser. Au nom d’une pensée dogmatisée, Israël doit défendre son peuple, son droit en tuant les autres (palestiniens). C’est sûr qu’il ne le fait pas au nom de la religion mais il n’est point besoin d’affirmer qu’Israël pense qu’il serait le seul peuple choisi par Dieu et du coup, l’élection de Dieu (choix qui suppose la liberté) devient un privilège (Dieu ne pouvait que faire ce choix là). On n’a pas besoin de croire ou d’appartenir à une religion quelconque pour savoir que « tuer est un acte ontologiquement mauvais ». 

D’ailleurs les impératifs catégoriques de Kant nous disent « Agis de telle sorte que tu traites autrui jamais comme un moyen mais toujours comme une fin. 

Agis uniquement comme si la maxime de ton action devrait être érigée en une loi universelle. » La règle d’or nous le savons bien, est « Tu ne tueras pas ». Que dire du droit de l’homme ? Nul n’a droit de tuer pour quelle que raison que ce soit (protéger son peuple, se défendre contre l’ennemi, …) Francisco de Vitoria, affirme qu’il existe une communauté humaine antérieure et supérieure aux États et donc il existe une universalité de droit. « Ce qui sauve croît avec ce qui perd » dira notre poète. Si une guerre est utile à une province ou à un État mais porte préjudice au monde ou à la religion, elle devient injuste par ce fait même. 

La religion la meilleure est celle de l’équilibre. Comme stipulé par Franz Rosenzweig dans l’Etoile de la rédemption, à l’exemple d’un triangle équilatéral, la meilleure religion maintient la dialectique des trois côtés du triangle dont Dieu, l’homme et le monde ; de sorte que le rapport de Dieu au monde s’appelle la création, le rapport de Dieu à l’homme s’appelle la révélation et le rapport de l’homme au monde s’appelle la rédemption. Somme toute, la vraie religion est celle où la création, la révélation et la rédemption ont tout leur sens.