
Une visite tant attendue !
« Tous réconciliés en Jésus-Christ » était le thème principal de la visite du Pape François en République Démocratique du Congo. Cette visite a été, pour le peuple congolais, une grande providence ; et plus spécialement pour le peuple kinois (habitant de Kinshasa), un événement inoubliable que chacun racontera aux générations à venir. Un appel est lancé à tous ceux qui ont suivi les différents enseignements du Pape de les mettre en pratique, pour que la réconciliation soit vraiment effective dans ce pays déchiré par la guerre et l’instabilité.
J’ai eu le privilège d’être parmi les sept cents choristes qui, avec une joie immense, ont agrémenté la grande messe célébrée à l’aérodrome de Ndolo en date du 1 février 2023. Bien plus, le lendemain, j’ai fait partie de ceux qui ont animé la catéchèse du Pape à l’occasion de la journée mondiale de la vie consacrée, en la Cathédrale Notre Dame du Congo. Ces moments, aussi bien merveilleux qu’inoubliables, resteront gravés dans mon cœur. Sans pour autant revenir sur les messages que le Pape a livrés au cours de ces grands événements ; je reviendrai sur le sentiment de joie qui m’a habité pendant la préparation de la visite du Pape François.
Présence dans la chorale
Les moments très fascinants que j’ai vécus pendant la visite du Pape prennent racine dans un passé récent. Il s’agit de la rencontre avec la chorale diocésaine qui m’a aidé à vivre de très près la visite du Pape et m’a impliqué dans les préparatifs y afférents. Ma demande étant fruit de ma passion pour la musique, le Supérieur y a consenti et m’a permis d’approfondir mon talent musical sous l’égide de Mr l’Abbé Emmanuel Cola Lubamba, président de la sous-commission Musique Sacrée de l’Archidiocèse de Kinshasa. Le temps passé aux pieds de ce vaillant musicien me fut d’une importance non négligeable. Je remercie donc sincèrement ma communauté du Théologat d’avoir soutenu l’éclosion musicale en moi. Ma gratitude s’adresse aussi aux formateurs, amis et collègues musiciens que j’ai rencontrés sur le chemin d’apprentissage.
Des moments de préparation se sont succédés, deux fois par mois, avant de commencer les répétitions intensives. Celles-ci, se déroulant à la paroisse Saint Joseph de Matonge, étaient animées avec dévouement par tous les membres de la chorale. Nous avions rythmé énergiquement nos répétitions dans le souci de bien faire. La grande dévotion et le sens d’abnégation des choristes sont restés, pour moi, un grand témoignage de l’amour porté à notre Eglise-mère. Tous, nous attendions impatiemment qu’arrive le grand jour.
Le jour que fit le Seigneur…
Le 31 janvier 2023 arriva finalement. Ce fût un jour spécial à Kinshasa. A partir de 15h00, tout au long du Grand Boulevard P. E. Lumumba, s’exécutaient des danses, des chansons, des clameurs de nombreux chrétiens catholiques et non catholiques de Kinshasa, tout en attendant, le passage du Pape François dans sa « Papa Mobile ». J’attendais aussi impatiemment de voir, pour la première fois de ma vie, le visage du mystique Pape François dont j’ai tant entendu parler depuis son élection en mars 2013. Je le qualifie de « mystique » par son style d’organisation de l’Eglise. Il attire l’attention de tous les médias du monde, qui n’hésitent pas à lui tendre des pièges sur les questions sensibles du monde actuel. Il est un Pasteur qui appelle ses compères à quitter les conforts du clergé pour aller chercher et sentir l’odeur des brebis, en claironnant le pardon et la réconciliation. Il préfère les appellations Evêque de Rome et François (tout court) plutôt que Souverain Pontife et François Premier. Voilà celui que je voulais voir de mes propres yeux.
Sur le Boulevard où nous l’attendions en compagnie d’autres chrétiens de Kinshasa, chantant et dansant au rythme du chant « Boyei elamu » (Bienvenu), j’ai finalement contemplé le visage rayonnant de celui que j’avais tant attendu et désiré rencontrer. Je fus tenté de chanter comme le vieux Siméon : « Maintenant ô Maitre souverain tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole » (Lc 2, 29). Après l’accueil au Boulevard, le même jour, avec plusieurs autres milliers de chrétiens, j’avais passé la nuit à l’aérodrome de Ndolo dans une veillée de prière avant la grande messe. Le 1er Février 2023, bien que la messe fut programmée à 9h00 du matin, la majorité des fidèles était déjà sur place à 5h00. La joie s’irradiait de partout. Du côté de la Grande Chorale, la préparation immédiate avait commencé à 6 h du matin, avec des chants de louange, d’animation et de méditation. La joie augmentait au fur et à mesure que les heures passaient, jusqu’à l’euphorie lors de l’entrée du Pape sur le site. La grande messe tant attendue et reportée quelques mois auparavant à cause de la maladie du Pape, eut finalement lieu à la grande satisfaction de tous. Y être présent restera gravé dans mon cœur et ma mémoire. Que le Seigneur continue à garder notre Pasteur.



